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NEWSLETTER N° 11 INFOS-SPORT-SANTE DU 16 JUIN 2026

  • il y a 8 heures
  • 22 min de lecture

Convaincu que l'activité physique DEVRAIT devenir un élément central de la politique de prévention santé, j'ai souhaité en créant cette newsletter mettre à votre disposition des informations utiles à la compréhension d'un écosystème centré sur la santé et ses déterminants. La plus grande partie de mon activité pour rédiger cette news letter consiste à identifier des sources pertinentes pour chaque sujet, et à conduire une veille permanente pour repérer des sources supplémentaires. Vous trouverez donc de nombreuses informations, études, rapports, textes , recommandations etc ... utiles j'espère pour évoluer ,en meilleure connaissance de cause, dans l'univers de la santé.

 

BONNE LECTURE

N'oubliez pas si vous jugez utile de diffuser, liker ou/et de Republier merci😊

 

Sommaire

1.       Introduction

2.      Pratiques sportives et mobilités actives

3.      Politique territoriale et organisation des soins

4.      Veille scientifique -Etudes

5.       Santé publique Prevention et promotion de la santé

6.      Textes de loi, décrets et régulation

7.      Prévention, nutrition et addictions

8.     Santé mentale, longévité et populations

9.      IA, prévention et transformation des pratiques

10.  Formation et sport sur ordonnance

11.    Economie de santé

12.   Economie du sport

13.   Etudes épidémiologiques

14.  Recommandations de bonnes pratiques

15.   Appel à candidature

16.  Professionnels de santé

17.  Démographie

18.  Empreinte carbone et système de sante

19.  Robotique

20.  Politique Européenne

 

 

 

1 INTRODUCTION

Cette newsletter propose une lecture structurée des principaux sujets qui traversent aujourd’hui le champ du sport-santé : prévention, activité physique adaptée, organisation territoriale, santé mentale, nutrition, cadre réglementaire et innovations en santé. Elle a été conçue pour offrir aux professionnels du sport, de la santé, de la prévention et de l’accompagnement un contenu synthétique, directement utile à la pratique, à la coordination des parcours et à la compréhension des évolutions en cours. Au fil des rubriques, elle met en perspective des études, des textes, des dispositifs et des signaux faibles qui éclairent les enjeux de terrain : lutter contre la sédentarité, réduire les inégalités d’accès, renforcer les coopérations locales et mieux articuler prévention, soin et accompagnement. L’objectif est simple : fournir un outil de veille clair, professionnel et exploitable, au service d’une culture commune entre acteurs du sport et de la santé.


2 PRATIQUES SPORTIVES – ACCOMPAGNEMENTS -ET MOBILITES ACTIVES

 

Évaluation des aptitudes physiques des élèves de sixième et de seconde à la rentrée 2025  Cette note présente les résultats 2025 des tests d’aptitudes physiques (endurance, force, vitesse, puis coordination, équilibre, endurance musculaire) réalisés chez 266 900 élèves de sixième et un échantillon représentatif de 4 400 élèves de seconde en France. L’endurance est globalement faible, surtout chez les filles et les élèves socialement moins favorisés, tandis que la vitesse est l’aptitude la mieux maîtrisée. Les performances sont systématiquement meilleures chez les élèves qui pratiquent plus de trois heures hebdomadaires d’activité physique en club ou association. Le plaisir, la motivation et la pratique encadrée atténuent les écarts sociaux, et les résultats en endurance sont corrélés aux performances en mathématiques. Les motivations diffèrent selon le niveau : en sixième, la dimension sociale prime, tandis qu’en seconde, l’amélioration de l’apparence physique devient centrale.

Être un dirigeant sportif inclusif, responsabilisant et bienveillant Guide de mise en œuvre Ce guide montre comment les clubs peuvent devenir de véritables milieux de vie promoteurs de santé en structurant l’action des dirigeants sportifs autour de la promotion du bien-être physique, mental et social des membres. Il s’adresse aux dirigeants bénévoles ou salariés afin de les aider à intégrer la santé dans la gouvernance, les politiques, l’environnement et les pratiques quotidiennes du club, en s’appuyant sur la Charte d’Ottawa et un modèle logique à plusieurs niveaux (individuel, entraîneurs, dirigeants, conseil d’administration, partenaires). Le document propose un cadre théorique, une check-list d’observation, des études de cas européens et des stratégies opérationnelles pour développer une approche inclusive, responsable et bienveillante, impliquant l’ensemble des acteurs internes et externes et couvrant de multiples thèmes de santé (activité physique, nutrition, inclusion, environnement, santé mentale…).

Des lieux multiples, des attentes fortes : où le sport se pratique-t-il en île-de-france?  Chaque année, les franciliens pratiquent une activité physique et sportive dans une grande variété de lieux : des équipements à accès contrôlé, des espaces extérieurs, des structures privées ou encore le domicile. L’édition 2024 de l’enquête sur les pratiques sportives, menée par l’institut paris region, permet de mieux comprendre comment ces lieux sont investis, quels publics les fréquentent et quels besoins émergent. tout en révélant une offre globalement satisfaisante, les résultats soulignent des carences et des attentes des franciliens pour l’améliorer.

 

 

3  POLITIQUE TERRITORIALE ET ORGANISATION DES SOINS

Déserts médicaux : la typologie IRDES change le regard

L’étude de l’IRDES sur l’accès aux soins primaires apporte une lecture beaucoup plus fine des inégalités territoriales. Elle montre que 35 % des communes françaises se trouvent en zone critique, avec une baisse de l’accessibilité aux médecins généralistes et un recul plus marqué dans certains territoires. Le mérite de cette typologie est d’aller au-delà du simple chiffre de densité médicale : elle croise besoins de santé, accessibilité multiprofessionnelle et dynamiques locales. Pour les acteurs du sport-santé, cette analyse est précieuse, car elle confirme que les maisons sport-santé, l’activité physique adaptée et les coopérations entre acteurs de proximité peuvent devenir des réponses d’appui là où l’offre médicale classique s’affaiblit. Elle plaide donc pour des réponses territorialisées, articulées et pragmatiques.

Le Plan Santé au Travail 2026-2030 marque une évolution importante dans la manière de concevoir la prévention en entreprise. Le texte met l’accent sur la culture de prévention, la traçabilité des expositions, l’accompagnement des TPE-PME et la coordination des acteurs au fil des parcours professionnels. Il insiste particulièrement sur les publics fragilisés, les jeunes et les nouveaux arrivants, tout en renforçant les outils opérationnels comme le DUERP, les référentiels sectoriels, OiRA, Seirich ou le passeport de prévention. Cette orientation intéresse directement les professionnels du sport-santé, car elle ouvre davantage d’espace à la prévention primaire, à l’activité physique en milieu professionnel et aux approches globales de santé au travail. Consulter la publication résumé

Soignants et patients face aux inégalités territoriales  L’étude met en évidence un paradoxe français : des progrès médicaux majeurs coexistent avec des difficultés croissantes d’organisation et d’accessibilité des soins, marquées par de fortes inégalités territoriales et professionnelles.

La médecine de premier recours garde des délais globalement courts (3 jours pour les généralistes), mais ces équilibres se fragilisent avec une part croissante de rendez-vous au-delà de 7 jours et des territoires où les délais s’allongent. Les spécialités peu denses, comme la cardiologie et la dermatologie, présentent des délais structurellement élevés malgré l’augmentation des effectifs, alors que l’ophtalmologie illustre l’effet positif d’une réorganisation de filière à effectifs constants. L’étude montre que la démographie ne suffit pas : les modes d’organisation (travail aidé, coordination via CPTS/ESS, télé-expertise, téléconsultation) deviennent des leviers centraux pour améliorer l’accès, dans un contexte où 63 % des patients déclarent au moins un renoncement à la recherche de rendez-vous et où le recours aux urgences reste fortement corrélé à l’impossibilité d’obtenir une consultation en ville.

 

4  VEILLE SCIENTIFIQUE- ETUDES

Exploration du rôle médiateur des myokines dans les effets de l’exercice sur les fonctions cognitives chez les personnes âgées : revue systématique évolutive et méta-analyse

 Étude sur la consommation d’alcool et la santé : aucun effet protecteur à faibles doses, avec un risque de mortalité atteignant 1 sur 25 à 14 verres par semaine

Identifier les moments optimaux pour envoyer des sollicitations numériques afin de réduire la sédentarité prolongée chez les personnes âgées : une étude longitudinale intensive utilisant une évaluation écologique en temps réel déclenchée par capteurs.

Sommeil de qualité : un bien mal réparti Le texte montre que le sommeil de qualité est un déterminant majeur de santé, inégalement réparti selon le sexe, l’âge et le statut socio‑économique, ce qui en fait un enjeu central de santé publique.  En Belgique, seule une personne sur deux juge son sommeil de bonne qualité et la moyenne nationale atteint 6,3/10, avec des nuits moins réparatrices chez les femmes, les jeunes de moins de 24 ans, les personnes peu diplômées et les ménages à faibles revenus. Les études lient directement mauvaise qualité ou quantité insuffisante de sommeil à davantage d’anxiété, de dépression, de stress, de faible satisfaction de vie, de mauvais état de santé perçu et à une consommation accrue de psychotropes. Chez les adolescents, plus d’un tiers dort insuffisamment, surtout dans les filières professionnelles et techniques, ce manque étant associé à un risque accru de troubles pédopsychiatriques et de passage à l’acte suicidaire. L’article insiste sur la lutte contre les fausses croyances, la place des thérapies cognitivo‑comportementales de l’insomnie comme traitement de première intention et la nécessité de renforcer la littératie en sommeil via l’éducation, des outils pédagogiques et une intégration du sommeil dans les politiques de prévention.

5 SANTE PUBLIQUE- PREVENTION – PROMOTION SANTE

Inégalités sociales face au cancer : le constat de la DREES

L’étude DREES ER1374 met en évidence que les inégalités face au cancer se construisent à plusieurs étapes : exposition accrue aux facteurs de risque, moindre recours au dépistage et diagnostic plus tardif. Les résultats montrent que les personnes les plus modestes sont plus exposées à certains cancers évitables et plus souvent diagnostiquées à un stade avancé. L’intérêt majeur de cette étude est de rappeler que ces écarts ne relèvent pas d’une fatalité biologique, mais d’inégalités sociales devant la prévention et le repérage précoce. Pour le sport-santé, cela signifie qu’agir sur les comportements ne suffit pas : il faut aussi agir sur l’accessibilité des dispositifs, la littératie en santé et la proximité des actions de prévention.

 Femmes et maladies cardiovasculaires : des risques encore sous-estimés Le résumé consacré à la santé cardiovasculaire des femmes rappelle que les facteurs de risque ne se réduisent pas aux schémas classiques longtemps pensés à partir de profils masculins. Au-delà de l’hypertension, du tabac, du diabète ou de la sédentarité, certains facteurs sont spécifiques ou particulièrement marquants chez les femmes : complications de grossesse, endométriose, ménopause, maladies auto-immunes, migraines avec aura, mais aussi stress chronique, violences ou précarité. Le point clé est double : mieux repérer les signes atypiques et mieux intégrer les déterminants sociaux et biologiques dans la prévention. Ce type de message est particulièrement utile sur LinkedIn, car il permet de diffuser une prévention plus juste, plus ciblée et moins stéréotypée.

Contribution à la mission gouvernementale du député Cyrille Isaac-Sibille sur la prévention en santé  La note de la SFSP appuie la mission du député Isaac-Sibille et rappelle que la prévention et la promotion de la santé doivent relever d’une responsabilité nationale solidaire, avec un financement renforcé et pérenne. Elle souligne le sous-investissement historique de la prévention, malgré un tissu d’initiatives locales dynamiques mais inégalement réparties, et fragilisées par des financements ponctuels. La SFSP défend l’universalisme proportionné, le continuum prévention individuelle–actions sur les déterminants, la coproduction avec les habitants, et le renforcement de la recherche interventionnelle. Elle plaide pour un pilotage fort des ARS, un copilotage territorial avec les collectivités, une place accrue des associations et usagers, et une programmation pluriannuelle des moyens dédiés à la prévention.

 « pour une écologie des preuves en santé publique »   Linda Cambon, professeure à l’ISPED et membre du HCSP, propose de penser la « santé des populations » plutôt que la seule promotion de la santé, afin d’inscrire la santé au cœur de toutes les politiques publiques et des environnements de vie. Elle définit les données probantes comme un croisement entre recherche scientifique, savoirs professionnels et expériences des personnes, au service d’une décision publique visant notamment la réduction des inégalités sociales de santé. Cambon préfère parler de « valeur probante » plutôt que d’interventions probantes en soi, cette valeur dépendant de critères comme efficacité, équité, transférabilité, coût, soutenabilité et acceptabilité, hiérarchisés par les décideurs. Elle critique une lecture technocratique et biomédicale de la preuve, centrée sur des interventions « validées » en conditions expérimentales mais parfois peu transférables, inéquitables ou non soutenables dans la « vraie vie », au détriment d’actions structurelles et environnementales plus durables. Elle plaide pour une « écologie des preuves » : pluralisme des méthodes (y compris qualitatives et issues des sciences sociales), approche participative intégrant les savoirs expérientiels des acteurs et citoyens, et recours à des dispositifs comme l’évaluation réaliste ou les fiches CAPS pour comprendre ce qui fait l’efficacité d’une intervention dans des contextes variés.


6  TEXTES DE LOI, DECRETS, INSTRUCTION

Ultra-transformés : une proposition de loi à fort impact La proposition de loi n°2326 fait des aliments ultra-transformés un objet central de politique publique. Le texte part d’un constat simple : l’alimentation industrielle ultra-transformée contribue fortement à la progression du surpoids, du diabète, des maladies cardiovasculaires et de certains cancers, en particulier chez les publics les plus exposés. Il propose plusieurs leviers structurants : limitation des produits NOVA 4 dans certains lieux collectifs, encadrement de la publicité, des promotions et de l’information nutritionnelle. Ce résumé permet de rappeler un point souvent oublié : la prévention nutritionnelle ne peut pas reposer seulement sur la responsabilité individuelle. Elle suppose aussi une action sur l’environnement commercial et sur les stratégies marketing qui orientent les comportements.

Code du sport :

Arrêté du 21 mai 2026 modifiant l’arrêté du 9 mars 2020 modifié fixant la liste des certifications antérieurement inscrites à l’annexe II-1 de l’article A. 212-1 du code du sport permettant l’encadrement des activités physiques ou sportives contre rémunération et modifiant le code du sport (partie réglementaire : arrêtés) 


7 PREVENTION, NUTRITION ET ADDICTIONS

Cadmium dans l’alimentation : rendre visible un risque diffus Le sujet du cadmium dans l’alimentation montre bien l’intérêt d’une prévention concrète, centrée sur les expositions cumulées du quotidien. Certains aliments végétaux courants peuvent contribuer à une exposition chronique à ce métal lourd, avec des conséquences possibles pour la santé rénale, osseuse ou cardiovasculaire. L’enjeu n’est pas de créer une anxiété inutile, mais de mieux informer sur la fréquence de consommation, la variété alimentaire et la notion de dose répétée. Le tableau résumé avait précisément cette fonction : rendre un sujet technique plus compréhensible et plus praticable. Pour un public LinkedIn, c’est un bon exemple de contenu à forte valeur d’usage, car il permet de transformer une donnée toxicologique en conseils simples de vigilance. Consulter la publication résumé

Sachets de nicotine : une nouvelle frontière de l’addiction Le développement très rapide des sachets de nicotine recompose le paysage mondial des produits nicotiniques. Présentés comme discrets, modernes et parfois moins nocifs, ils ciblent aussi de nouveaux publics, notamment les jeunes, via un marketing digital agressif et des codes de consommation banalisés. Le résumé mettait en garde contre un glissement réglementaire : lorsque l’innovation va plus vite que la régulation, le risque est de créer de nouveaux usages addictifs avant même que les politiques publiques ne soient prêtes à les encadrer. Pour les professionnels de prévention, ce sujet rappelle l’importance d’une veille continue sur les produits émergents, les pratiques numériques et les stratégies industrielles. Consulter la publication résumé

Dietary Guidelines For Americans   Ce document présente les nouvelles recommandations nutritionnelles américaines 2025–2030, centrées sur des aliments peu transformés et riches en nutriments. Il encourage davantage de protéines, produits laitiers, légumes, fruits, bonnes graisses et céréales complètes, tout en réduisant les aliments ultra-transformés, les sucres ajoutés, le sodium et l’alcool. Il propose aussi des repères pour l’hydratation, les portions, et des conseils adaptés aux enfants, femmes enceintes, personnes âgées, végétariens et personnes atteintes de maladies chroniques.

Le rapport démontre que le marketing de l’alcool sur les réseaux sociaux est massif, peu contrôlé et contribue à augmenter les consommations à risque chez les jeunes, ce qui justifie d’interdire toute publicité pour l’alcool sur ces plateformes. Ce document d’Addictions France et Avenir Santé analyse plus de 11 300 contenus pro‑alcool repérés entre 2021 et 2024, majoritairement sur Instagram et TikTok, dont près de la moitié émis par des influenceurs. Ces contenus associent systématiquement l’alcool à la convivialité, la fête, les vacances, la gastronomie, le luxe ou des célébrités, en contradiction avec la loi Evin qui n’autorise que des messages factuels. Les études citées montrent un lien solide entre exposition au marketing de l’alcool et augmentation de l’envie de boire, de la fréquence de consommation et des épisodes de binge drinking chez les 15‑21 ans. Les stories, contenus sponsorisés et collaborations d’influence brouillent la frontière entre vie quotidienne et publicité, rendant la régulation quasi impossible et vidant la loi Evin de sa portée protectrice pour les mineurs.

La recherche française en prévention en santé : Investir davantage est prioritaire, revoir les cibles l’est tout autant  L’article plaide pour un changement de cap majeur de la prévention en France, tant sur les moyens que sur les cibles. La France reste en retard sur la prévention primaire, avec une forte prévalence du tabagisme, une couverture vaccinale VPH insuffisante, une hausse continue du surpoids‑obésité et un faible niveau d’activité physique, en particulier chez les adolescents. Les expositions évitables comme les cancérogènes professionnels sont largement sous‑estimées, touchant surtout les ouvriers. Malgré l’importance connue de la prévention, la recherche dédiée est très sous‑financée (seulement 3% des fonds de l’INCa, 19% de l’IReSP), et orientée vers de nouvelles interventions plutôt que vers leur mise en œuvre à grande échelle. Les auteurs appellent à investir massivement dans la recherche interventionnelle en situation réelle, multidisciplinaire et co‑construite avec les acteurs, pour réduire les inégalités sociales de santé et exploiter enfin le plein potentiel de la prévention en France.


8  SANTE MENTALE, LONGEVITE ET POPULATIONS

Santé mentale : un changement d’échelle assumé La santé mentale, Grande Cause Nationale 2025, entre clairement dans une nouvelle phase en 2026. Le bilan mis en avant dans le résumé est parlant : montée en puissance des premiers secours en santé mentale, recours massif à MonSoutienPsy, déploiement territorial renforcé, volonté d’agir plus tôt auprès des élèves et publics fragiles. Ce qui change surtout, c’est la doctrine : la santé mentale n’est plus pensée comme un enjeu sectoriel, réservé à la psychiatrie ou au soin spécialisé. Elle devient une question de prévention, d’environnement, de parcours de vie, d’école, de travail et de lien social. Pour le sport-santé, cela ouvre un espace d’action important autour de l’activité physique, de la lutte contre l’isolement et des environnements protecteurs.

Santé mentale des jeunes : les fractures territoriales persistent L’étude conjointe de la Mutualité Française, de l’Institut Montaigne et de l’Institut Terram rappelle qu’un jeune sur quatre de 15 à 29 ans souffre de dépression, avec des disparités marquées selon le territoire, le genre et la précarité. Les jeunes ultramarins sont particulièrement touchés, dans un contexte où l’accès aux soins reste encore trop inégal. Le message essentiel de ce résumé est que la santé mentale des jeunes ne peut pas être réduite à une question individuelle : elle dépend fortement des conditions de vie, des liens sociaux, des  environnements numériques et des ressources disponibles localement. Pour les acteurs du sport-santé, cela renforce l’intérêt d’actions de proximité, inclusives et ancrées dans les territoires.

Le rapport AXA Mind Health 2026 montre une détérioration continue de la santé mentale mondiale, avec 46% de la population en situation de languissement ou de difficulté et 26% présentant des niveaux sévères de dépression, d’anxiété ou de stress. Les jeunes adultes (18‑34 ans) sont particulièrement touchés, sous l’effet cumulé de l’instabilité économique, des transformations du travail et d’habitudes numériques intensives, qui alimentent solitude et détresse psychique. L’usage de l’IA pour la santé mentale explose (63% y ont déjà recours), mais reste ambivalent : elle lève des barrières d’accès tout en exposant à des conseils non validés pouvant induire des comportements délétères, dans un contexte de transfert de confiance des professionnels vers les machines. Les entreprises occupent un rôle clé : 84% des salariés attendent des dispositifs de soutien, alors que près d’un sur deux n’ose pas parler de ses difficultés au travail, d’où l’importance de politiques structurées, de formations type “Mind Health Odyssey” et d’outils de dépistage comme le “Mind Health Self Check” pour transformer la prise de conscience en action concrète.

 

Longévité : vers une prévention tout au long de la vie

Le Sommet de la Longévité 2026 propose un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de prolonger la vie, mais de prolonger la vie en bonne santé. Le résumé insistait sur six priorités : inscrire la prévention dans tous les âges de la vie, développer des bilans de longévité, déployer massivement ICOPE, former les professionnels, investir dans la recherche sur le vieillissement et lutter contre l’âgisme ainsi que les inégalités. Cette approche est particulièrement intéressante pour le sport-santé, car elle rapproche la prévention du vieillissement, la promotion de l’activité physique, la préservation des capacités intrinsèques et les stratégies de maintien de l’autonomie.


9  IA, PREVENTION ET TRANSFORMATION DES PRATIQUES

IA en santé : entre promesses, ciblage et vigilance Les synthèses quotidiennes réalisées début juin convergent sur un point : l’IA occupe désormais une place centrale dans les débats sur la prévention, la promotion de la santé et l’organisation des soins. Les usages évoqués sont multiples : détection précoce d’anomalies, suivi à distance via objets connectés, personnalisation des parcours, repérage de facteurs de risque ou aide à la décision préventive. Mais ces avancées s’accompagnent de limites fortes : biais des modèles, fracture numérique, besoin de médiation humaine, nécessité de former les professionnels à la littératie numérique et de garder une maîtrise clinique et éthique des outils. Pour le secteur sport-santé, l’IA peut devenir un levier utile, à condition d’être articulée à l’accompagnement humain et aux réalités du terrain.

Ce document explique de façon claire ce qu’est l’IA en santé, ses usages et ses limites, en s’adressant au grand public de manière illustrée et pédagogique.  L’IA en santé est définie comme l’usage de machines capables d’apprendre à partir de grandes quantités de données sensibles (dossiers médicaux, pratiques cliniques, recherche) pour soutenir la recherche, le diagnostic, le pronostic, la prévention et le choix des traitements, sans remplacer le jugement humain. L’ouvrage démonte plusieurs idées reçues (IA toute‑puissante, remplaçant les soignants, forcément « non sûre ») et explique que sa fiabilité dépend de sa conception, des règles éthiques et de la transparence des algorithmes. Il montre pourquoi l’opinion est divisée (peur d’une IA « consciente », enjeux éthiques, risques sur les données) tout en présentant des bénéfices attendus pour la société (découverte de médicaments, optimisation des organisations de soins) et pour les individus (diagnostics plus précoces, traitements personnalisés, réduction des effets secondaires). Le livret détaille aussi trois grands défis – impact écologique, biais et inégalités de données, retard de la régulation – et trois leviers d’action : intégrer l’IA aux autres technologies médicales, former les professionnels et adapter la réglementation. Un exemple concret, le dispositif LumineticsCore™ pour le dépistage autonome de la rétinopathie diabétique, illustre ces promesses, tandis que la collection « Unplugged » vise plus largement à lutter contre la désinformation scientifique et à rendre ces enjeux accessibles à tous.

 

 

Santé mentale et carbone : soigner aussi durablement L’étude du LIEPP sur l’empreinte carbone des stratégies thérapeutiques pour la dépression ouvre un angle encore peu exploré : intégrer l’impact environnemental dans les choix de soins. En comparant pharmacothérapie, psychothérapie et combinaison des deux sur plusieurs années, le travail invite à penser la santé non seulement en termes d’efficacité clinique, mais aussi de soutenabilité. Le résumé proposé pour LinkedIn élargissait d’ailleurs la réflexion au champ sport-santé : si l’on veut promouvoir des systèmes de santé durables, il faut aussi mieux prendre en compte les co-bénéfices d’approches non médicamenteuses, les trajectoires de soins et les arbitrages à long terme. C’est un sujet émergent, mais déjà très structurant.

10 QUI PEUT ENCADRER L’APA EN FRANCE ?

Le document de synthèse sur les formations permettant d’encadrer l’activité physique adaptée chez les personnes atteintes de pathologies chroniques ou en ALD répond à une question centrale du terrain : qui est réellement habilité à intervenir ? Il recense les diplômes d’État, les CQP, les certifications fédérales, les formations universitaires, ainsi que les formations privées reconnues ou non reconnues. Son intérêt est double : clarifier les prérogatives d’intervention et rappeler qu’une formation privée, même valorisante, ne vaut pas nécessairement habilitation réglementaire dans le cadre du sport sur ordonnance. Pour les professionnels, les employeurs et les prescripteurs, ce type de document est indispensable pour sécuriser les parcours, prévenir les confusions et mieux orienter les publics.


11 ECONOMIE DE SANTE

Santé et bien vieillir : Avec 1,8 Md€ engagé en 2025, la Banque des Territoires change d’échelle pour améliorer l’accès aux soins et accompagner le vieillissement partout en France

La France dépense-t-elle trop pour sa santé ?  La note montre que la situation financière de l’assurance‑maladie est très dégradée, mais que cela ne signifie pas que la France dépense « trop » pour la santé par rapport aux pays comparables. Le déficit de l’assurance‑maladie atteint 16 milliards d’euros en 2025 et devrait rester élevé, sans trajectoire claire de retour à l’équilibre. Ce déficit traduit un déséquilibre entre dépenses socialisées et recettes, sans indiquer en soi un niveau « excessif » de dépense de santé. La dépense totale de santé par habitant place la France dans le haut du classement des pays riches, mais derrière plusieurs voisins d’Europe du Nord‑Ouest. Rapportée au PIB, elle atteint 11,4%, là encore dans le groupe de tête, avec une progression des dépenses depuis 2019 plus modérée que dans de nombreux pays de l’OCDE.

Analyse du fonds d'intervention régional : actions, doctrine d'emploi, pilotage et gestion par les ARS  Le rapport IGAS‑IGF sur le FIR propose de renforcer la transparence, de rénover le pilotage national et de recentrer le fonds sur des actions territoriales, expérimentales et évaluées, en particulier via les ARS.  Commandé en 2025, le rapport analyse le fonds d’intervention régional (FIR), doté de 5,7 Md€ en 2025 et intégré au 5e sous‑objectif de l’ONDAM. Créé en 2012 par fusion de plusieurs fonds, il vise à donner aux ARS un outil souple pour financer prévention, organisation de l’offre, médico‑social, permanence des soins, efficience et démocratie sanitaire. Le FIR a crû plus vite que l’ONDAM et demeure très orienté vers les établissements de santé (environ deux tiers des dépenses), malgré des enveloppes de prévention et de médico-social globalement préservées. Le rapport pointe un pilotage national fragmenté, une répartition régionale héritée de clés historiques peu corrélées aux besoins, et une image de « boîte noire » faute de données consolidées exploitables. Il formule 15 propositions pour améliorer transparence, péréquation, doctrine d’emploi (notamment sur les financements hospitaliers) et évaluation, ainsi que plusieurs mesures d’efficience à court terme.


12 ECONOMIE DU SPORT

La Filière Sport, créée en 2016, fête dix ans de structuration de l’écosystème économique du sport français et s’impose désormais comme un véritable outil stratégique au service de la croissance, de l’innovation et de l’attractivité du secteur. Portée par près de 900 membres en 2026, dont 800 entreprises, elle contribue à un secteur pesant 2,7% du PIB, 80,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 450 000 emplois, en lien avec 24 milliards d’euros de dépenses publiques. Elle agit sur toute la chaîne de valeur (infrastructures, événementiel, équipements, services, financements) et a accompagné l’organisation de grands événements (Euro 2016, Coupe du monde de rugby 2023, Jeux de Paris 2024), dont les retombées économiques se chiffrent en milliards d’euros. Son action a structuré le mécénat sportif, soutenu l’innovation (Sport Tech, start-up, observatoire dédié) et favorisé l’internationalisation via Business France, le GIE France Sport Expertise et les Clubs Sport à l’étranger. À l’horizon 2030, la feuille de route vise 500 000 emplois, 100 milliards de chiffre d’affaires, deux licornes et la neutralité carbone, autour de trois axes : développement des pratiques, consolidation des modèles économiques du mouvement sportif et accompagnement des marchés prioritaires mondiaux, avec comme fils rouges les Jeux d’hiver 2030, l’innovation et la RSE.


13 ETUDES EPIDEMIOLOGIQUES

Sexualités et santé sexuelle : enjeux de santé publique au fil de la vie  Ce numéro du BEH montre que la santé sexuelle est un enjeu majeur de santé publique, nécessitant une approche globale tout au long de la vie. À partir de l’enquête CSF‑2023, il documente cinq axes clés : l’éducation à la sexualité, les dysfonctions sexuelles, les consommations de produits en contexte sexuel, les inégalités de dépistage du cancer du col et la désaffection pour la contraception médicale. Les résultats soulignent une large diffusion des séances d’éducation à la sexualité, une forte prévalence de troubles sexuels souvent sources de détresse, une consommation de substances en contexte sexuel dépassant désormais les seuls HSH, des inégalités marquées de dépistage liées notamment aux violences subies, et une montée des DIU et méthodes « naturelles » sur fond de précarité sociale. L’ensemble plaide pour renforcer formation des professionnels, suivi qualitatif, prévention ciblée et déploiement effectif de la stratégie nationale de santé sexuelle à l’horizon 2030.


14 RECOMMANDATIONS DE BONNES PRATQUES

Bilan de santé en école maternelle – Guide  Le bilan de santé en école maternelle (BSEM) est prévu par le Code de la santé publique et le Code de l’éducation pour tous les enfants de 3 ans 9 mois à 4 ans ½ scolarisés en maternelle. Il évalue le développement global (somatique, sensoriel, neurodéveloppemental, psycho-affectif, langage) et repère les situations de vulnérabilité nécessitant prévention ou orientation. Réalisé par les équipes de PMI en lien avec l’école, il comprend questionnaire parents, entretiens, examen clinique, bilans visuel et auditif, croissance, tension artérielle et promotion de la santé (nutrition, sommeil, écrans, activité physique, hygiène bucco-dentaire). Un système de critères d’adressage définit les orientations vers médecin de PMI, médecin traitant ou spécialistes, avec restitution des résultats aux parents, au médecin traitant, à la santé scolaire et dans les espaces numériques sécurisés

15 APPEL A CANDIDATURE

Ce document définit les modalités de financement de parcours d’Activité Physique Adaptée (APA) portés par une Maison Sport Santé, pilotés par l’ARS Auvergne‑Rhône‑Alpes. Il précise surtout les indicateurs de résultats exigés : nombre de parcours APA financés, effectifs par parcours (maximum 10 personnes), part de publics en situation de précarité (50 à 75% visés) et assiduité jusqu’au programme complet (bilan d’entrée, 24 séances, bilan de sortie). Il détaille aussi le profil des participants (maladies chroniques, facteurs de risque, plus de 65 ans fragiles, handicap) et le devenir après le parcours (orientation vers niveaux 3 et 4, nouveau parcours APA). Un suivi à 3 mois mesure l’inscription dans des structures d’AP supervisée ou ordinaires.


16 PROFFESIONNELS DE SANTE

Évolutions et mutations de la profession infirmière : aspects historiques et réglementaires  Ce document retrace l’évolution historique, démographique, réglementaire et universitaire de la profession infirmière en France, du XIXᵉ siècle à 2026, en montrant son passage d’une profession « à actes » à une profession organisée en « missions » élargies (consultation, diagnostic, prescription, coordination, accès direct). Il détaille les grands jalons législatifs (décrets de 1922, 1981, loi de 2006, loi de 2023, loi et décret de 2025, décret de 2026), la mise en place du conventionnement sélectif et du zonage infirmier pour réguler l’installation libérale, ainsi que les projections démographiques et les politiques de répartition territoriale. La synthèse analyse également l’universitarisation de la formation (grade licence en 2009, réforme LMD, allongement et modernisation du cursus en 2026) et l’essor des pratiques avancées, en soulignant les enjeux d’attractivité, de partage de compétences et de réponse aux besoins croissants d’accès aux soins sur tout le territoire.


 17 DEMOGRAPHIE-SOCI0LOGIE

Principaux résultats sur les revenus et la pauvreté des ménages en 2023  En 2023, le niveau de vie médian atteint 25 840 euros en France métropolitaine et à La Réunion, avec un taux de pauvreté de 16,2%. Les départements les plus aisés sont les Hauts-de-Seine, Paris, la Haute-Savoie et les Yvelines, tandis que la Seine-Saint-Denis et La Réunion sont les plus pauvres. La pauvreté est plus marquée dans les Hauts-de-France, sur le pourtour méditerranéen et en Corse, alors que la façade atlantique présente des taux plus faibles. Les pôles urbains des grandes aires concentrent davantage de pauvreté que leurs couronnes, malgré des niveaux de vie médians plus élevés à Paris.


18 EMPREINTE CARBONE ET SYSTEME DE SANTE


19 ROBOTIQUE

Robots « sociaux » : quels enjeux pour demain ?  Les « robots dits sociaux » sont des machines interactives destinées à compléter, et non remplacer, l’accompagnement humain des personnes âgées ou en situation de handicap. Ils peuvent soutenir la stimulation cognitive, la rééducation, l’aide à la vie quotidienne et la lutte contre l’isolement, avec des effets positifs mais encore hétérogènes et difficiles à évaluer. Leur déploiement transforme les métiers du soin (nouvelles tâches, nouvelles compétences) et soulève des enjeux éthiques majeurs : données personnelles, illusion anthropomorphique, attachement, dignité, risque d’infantilisation. Trois scénarios futurs sont envisagés, allant d’une vieillesse « technogérée » à une introduction progressive et responsable, sous forte gouvernance publique.


20 POLITIQUE EUROPEENNE

Ce document de position de la FESI soutient la future Communication de la Commission européenne sur une vision stratégique du sport en Europe et souligne le rôle central de l’industrie des articles de sport dans la promotion de l’activité physique et de modes de vie actifs. FESI plaide pour une politique sportive de l’UE forte, inclusive et durable, capable de répondre à la crise d’inactivité physique, aux enjeux de santé mentale et aux tensions sociales . Elle recommande 4 priorités : rendre le sport accessible à tous via l’investissement dans le sport de base, scolaire, de plein air et des infrastructures inclusives ; reconnaître le sport comme priorité de santé publique avec un objectif européen de réduction de l’inactivité et le développement des prescriptions d’activité physique ; sécuriser des financements durables, notamment via un chapitre Sport dans le CFP et un Erasmus+ Sport renforcé ; créer un Observatoire européen du sport pour fonder les politiques sur des données probantes .


BONNE LECTURE


 
 
 

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