NEWSLETTER INFOS-SPORT- SANTE N° 8 AVRIL 2026
- 29 avr.
- 36 min de lecture

Convaincu que l'activité physique DEVRAIT devenir un élément central de la politique de prévention santé, j'ai souhaité en créant cette newsletter mettre à votre disposition des informations utiles à la compréhension d'un écosystème centré sur la santé et ses déterminants. La plus grande partie de mon activité pour rédiger cette news letter consiste à identifier des sources pertinentes pour chaque sujet, et à conduire une veille permanente pour repérer des sources supplémentaires. Vous trouverez donc de nombreuses informations, études, rapports, textes , recommandations etc ... utiles j'espère pour évoluer ,en meilleure connaissance de cause, dans l'univers de la santé.
BONNE LECTURE
N'oubliez pas si vous jugez utile de diffuser, liker ou/et de Republier merci😊
SOMMAIRE –
ÉVÉNEMENT 2ᵉ Salon Sport-Santé à Toulouse
INTRODUCTION
ONE HEALTH – DÉVELOPPEMENT DURABLE
LE SYSTÈME DE SANTÉ
RECOMMANDATIONSNUTRITION
FORMATIONS – ENCADREMENT
PRATIQUES SPORTIVES
PRÉVENTION SANTÉ
GOUVERNANCE DU SPORT
SANTÉ MENTALE
TEXTES DE LOI – DÉCRETS – INSTRUCTIONS – PROJETS DE LOI
ÉCONOMIE DE SANTÉ
ÉCONOMIE DU SPORT
JO 2030
PERTE D’AUTONOMIE
ÉTABLISSEMENT RECEVANT DU PUBLIC
TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX
BULLETINS DE VEILLE
I.A – DONNÉES DE SANTÉ
VEILLE SCIENTIFIQUE
SANTÉ AU TRAVAIL
SOCIOLOGIE
1 EVENEMENT
2eme SALON SPORT-SANTE A TOULOUSE
🚨 Un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs du Sport Santé & de l’APA ! Les 30 et 31 mai 2026 à Toulouse, se tiendra le 2ème Salon National Sport Santé & APA :
👉 un événement unique en France qui rassemble professionnels du sport, du sport santé, de la santé, de l’activité physique adaptée… et le grand public.
🎯 Objectif : Créer du lien, informer, expérimenter et valoriser les solutions concrètes pour intégrer le sport et l’activité physique dans une démarche de santé globale.
Au programme : ✔️ Conférences d’experts ✔️ Ateliers pratiques (adultes & enfants) ✔️ Démonstrations & animations ✔️ Exposants & innovations du secteur
Un véritable lieu de rencontres, d’échanges et d’expériences autour d’un enjeu majeur de santé publique. 👉 Entrée gratuite (professionnels & grand public)
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2 INTRODUCTION
En 2026, le sport-santé se trouve au croisement de quatre révolutions : écologique, sociale, numérique et médicale. Les clubs sont fragilisés mais essentiels à l’économie locale, le système de santé cherche à redevenir soutenable, les territoires se réorganisent, et l’IA transforme déjà nos façons de soigner, de bouger et de s’informer. Pendant ce temps, les adolescentes décrochent massivement du sport, les structures sportives affrontent la crise des financements, et de nouveaux traitements de l’obésité bouleversent les repères. Cette newsletter rassemble une sélection de rapports, études et textes récents pour vous aider à décoder ces signaux faibles et à les transformer en leviers d’action sur le terrain.
3 ONE HEALTH -DEVELOPPEMENT DURABLE
One health les villes au croisement des trois santé L’article explique que l’approche One Health place les villes au cœur du lien entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes, car elles concentrent les risques (pollution, zoonoses, insécurité alimentaire) mais aussi les leviers d’action (urbanisme, alimentation, climat, biodiversité).
Encadrement sportif référentiel de compétences pour renforcer l’engagement environnemental du sport Ce mémento propose un référentiel officiel pour aider l’encadrement sportif à intégrer la transition écologique et la biodiversité dans les pratiques et les formations. Structuré en cinq domaines (reconnecter, atténuer, adapter, contribuer à régénérer, réinventer), il décline pour chacun des objectifs pédagogiques, savoirs et approches de terrain afin de réduire les impacts, renforcer la résilience des activités et développer des pratiques sportives compatibles avec les limites planétaires. Il sert de base aux organismes de formation pour concevoir des modules, favorise la coopération entre acteurs du sport et de l’environnement et s’accompagne d’un badge numérique « Sports & Biodiversité » valorisant les encadrant·es engagés. Ce guide explique comment les clubs et structures sportives peuvent mesurer, valoriser et améliorer leur impact économique local pour mieux prouver qu’ils font vivre l’économie des territoires, pas seulement le “sport loisir”. Le COSMOS, organisation patronale des employeurs du sport, propose un guide pratique pour aider les structures sportives associatives et marchandes à objectiver leurs retombées économiques locales et à les utiliser comme levier de dialogue avec les collectivités et les partenaires privés. Le document rappelle que les clubs créent de l’activité non délocalisable (emplois, achats, investissements, attractivité, événements), irriguent un tissu de fournisseurs de proximité et renforcent l’attractivité résidentielle et touristique des territoires. Le guide s’adresse prioritairement aux clubs locaux, mais aussi aux collectivités, aux réseaux sportifs et aux partenaires économiques, en leur offrant une méthode simple et reproductible. Il distingue clairement le “poids économique” (volume global de dépenses ou de revenus) de “l’impact économique local”, centré sur l’injection nette de richesses dans un territoire donné, en tenant compte des fuites et effets de substitution. Il propose un parcours pas à pas : clarifier l’objectif de la mesure (valoriser, piloter, convaincre), définir l’objet, le périmètre territorial, la période d’analyse, identifier les acteurs et flux, organiser la collecte de données, puis calculer impact primaire et secondaire. Enfin, il insiste sur les limites du chiffrage et l’importance de compléter l’analyse économique par des dimensions sociales, sociétales et environnementales.
Vers des ruralités favorables à la santé Le numéro 472 de La Santé en action analyse la diversité des ruralités françaises et leurs impacts sur la santé, en soulignant des fragilités démographiques, sociales, économiques et d’accès aux services, notamment aux soins. Il met en avant des réponses publiques (France ruralités, Villages d’avenir, Petites Villes de demain), des initiatives locales et des démarches de promotion de la santé adaptées aux spécificités rurales, incluant santé mentale des agriculteurs, jeunesse, précarité alimentaire et enjeux environnementaux (pesticides, urbanisme favorable à la santé, « Une seule santé »). Le dossier rappelle que 30% des Français vivent en commune rurale et que ces territoires sont très hétérogènes, allant des ruralités résidentielles périurbaines aux espaces productifs agricoles ou touristiques, avec des enjeux différents en termes de vieillissement, pauvreté, emploi et accès aux équipements. Les données de mortalité montrent des surmortalités importantes dans plusieurs espaces ruraux, liées notamment aux maladies cardio‑vasculaires, cancers et comportements de santé (alcool, tabac, alimentation), ce qui justifie une territorialisation des politiques de santé et un renforcement des approches de prévention structurelles et populationnelles. Ce document constitue une synthèse de l'initiative FOULÉE VERTE, mouvement collectif montréalais pour un sport durable, qui analyse les liens entre le sport et les changements climatiques tout en dressant un portrait du milieu sportif montréalais.file
FOULÉE VERTE vise à mobiliser le milieu sportif montréalais dans la transition socioécologique et à renforcer sa capacité d'adaptation aux changements climatiques. Le document présente une revue de littérature sur les impacts climatiques, une cartographie des parties prenantes internationales et nationales, ainsi que les résultats de diagnostics menés auprès de 24 organisations sportives montréalaises. Constats principaux: L'industrie sportive émet annuellement 400 à 450 millions de tonnes de CO₂, principalement via les infrastructures énergivores, les déplacements et la production d'équipements. Les changements climatiques affectent directement la pratique sportive (vagues de chaleur, pollution, précipitations), la santé des athlètes et la viabilité des infrastructures. Le diagnostic révèle que le milieu sportif québécois est conscient des enjeux mais manque cruellement de ressources financières, humaines, d'expertise et d'encadrement gouvernemental pour structurer sa transition.
4 LE SYSTEME DE SANTE
Prédire la suite d’un parcours de soins dans le système national des données de santé Ce document explore l’utilisation de modèles d’intelligence artificielle, inspirés du traitement automatique du langage, pour prédire la suite des parcours de soins à partir du SNDS, qui retrace depuis vingt ans les événements de santé de la population française. Les auteurs construisent une base « SeqNDS » qui normalise plus de 78 000 codes d’événements (diagnostics, médicaments, actes, dispositifs, hospitalisations, dépendance, etc.) en séquences chronologiques individuelles, considérées comme des « tokens » analogues à des mots. Deux grandes approches sont comparées à des modèles épidémiologiques classiques basés sur des variables expertes : des plongements vectoriels de trajectoires de soins (type Word2Vec + gradient boosting) et un modèle transformer de type BERT, BEHRT‑SNDS, pré‑entraîné et affiné sur des dizaines de millions d’individus. Ces modèles, évalués surtout sur le risque de première hospitalisation dans plus de 180 pathologies et sur la mortalité, améliorent nettement l’AUC stratifiée par rapport aux indices de comorbidités et à la cartographie des pathologies, surtout pour des événements aigus ou complexes comme l’insuffisance rénale aiguë, certaines complications de grossesse ou l’endométriose. Ils restent toutefois dépendants des biais de production des données et de fortes disparités sociodémographiques, ce qui impose une analyse fine de l’explicabilité et des risques d’iniquité avant tout usage en prévention personnalisée.
Prédire la suite d’un parcours de soins dans le système national des données de santé
5 RECOMMANDATIONS
Ce guide 2026 sur la dyslipidémie remplace les recommandations 2018 sur le cholestérol et élargit le cadre à l’ensemble des lipoprotéines athérogènes (LDL‑C, triglycérides, particules résiduelles, Lp(a)). Il met l’accent sur un dépistage plus précoce, des objectifs chiffrés de LDL‑C/non‑HDL‑C réintroduits, et l’utilisation de nouvelles molécules hypolipémiantes en prévention primaire et secondaire. Le document propose une stratégie structurée : évaluation (dépistage enfants/adultes, profil standard, apoB, Lp(a), suivi), puis prise en charge par modifications du mode de vie (alimentation, poids, activité physique, arrêt tabac) et traitements médicamenteux. Il recommande l’usage des équations PREVENT‑ASCVD pour estimer le risque à 10 et 30 ans chez les 30–79 ans, avec un schéma « CPR » (Calculer, Personnaliser, éventuellement Reclassifier par score calcique coronaire). En prévention primaire, le traitement par statine est envisagé dès un risque à 10 ans ≥3%, avec des seuils de LDL‑C/non‑HDL‑C cibles selon le niveau de risque, et intensification (ézétimibe, inhibiteurs de PCSK9, bempédoïque, inclisiran) si les objectifs ne sont pas atteints. Le guide détaille des situations particulières (hypercholestérolémie familiale, diabète, CKD, VIH, cancer, grossesse, hypertriglycéridémie sévère, Lp(a) élevée) et insiste sur une intensification très agressive en prévention secondaire (objectif LDL‑C <55 mg/dL et non‑HDL‑C <85 mg/dL pour les très haut risque).
6 NUTRITION
Nutrition & obésité Enjeux contemporains et propositions ordinales pour la protection du public Ce document du CNOM affirme que la nutrition est un enjeu majeur de santé publique et une véritable discipline médicale, au cœur de la prévention, des maladies chroniques et de la protection des patients vulnérables. Face à l’essor de pratiques non conventionnelles, de régimes restrictifs, de compléments alimentaires et de désinformation sur les réseaux sociaux, l’Ordre propose onze mesures pour protéger le public. Elles visent à réserver le titre de « nutritionniste » aux médecins qualifiés, clarifier les compétences (médecins, diététiciens, autres acteurs), lutter contre l’exercice illégal de la médecine, encadrer strictement régimes amaigrissants, pratiques à risque (jeûne, micronutrition, compléments), et renforcer la nutrivigilance. Le CNOM appelle aussi à agir contre la désinformation et les dérives sectaires, à structurer une politique nutritionnelle « One Health », à reconnaître l’obésité comme maladie chronique et à encadrer les prescriptions médicamenteuses (GLP‑1) pour éviter usages esthétiques et tensions d’accès aux soins.
Recommandations alimentaires pour la population belge (2025) Les recommandations 2025 du Conseil Supérieur de la Santé proposent un cadre actualisé de conseils alimentaires pour les adultes belges afin de prévenir les principales maladies chroniques liées à l’alimentation (MCV, diabète de type 2, cancers, MASLD, dépression, démences, lombalgies). Elles s’appuient sur les données de consommation 2022‑2023 et sur une revue systématique des essais contrôlés randomisés et cohortes, complétée par de grands rapports internationaux (EFSA, NNR, ANSES, USDA). La partie 1 formule des recommandations quantitatives pour 16 groupes d’aliments et l’alcool, la partie 2 traite des modèles alimentaires sains et durables ainsi que des aspects sociaux, et une partie 3 à venir précisera les apports en énergie et nutriments pour éviter carences et excès toxiques.
7 FORMATIONS-ENCADREMENT
Quels diplômes pour enseigner en 2026 (Merci à mon ami Sébastien MAITRE ) Ce document présente les diplômes nécessaires pour exercer légalement comme coach sportif en France. La profession d'éducateur sportif est réglementée et requiert une déclaration auprès du SDJES pour obtenir une carte professionnelle obligatoire. Les diplômes généralistes incluent le DEUG STAPS, la Licence STAPS, et le BPJEPS APT qui permettent d'encadrer les activités physiques à niveau d'initiation et de loisir, excluant les pratiques compétitives. Pour les activités de remise en forme (fitness, musculation), des diplômes spécifiques sont requis comme le BPJEPS AF, DESJEPS, BEES Métiers de la Forme, ou licences professionnelles "métiers de la forme". Sans carte professionnelle, toute activité rémunérée d'éducateur sportif est interdite, y compris pour les titulaires de Masters en préparation physique, DU, brevets fédéraux, ou certifications privées (Crossfit, Pilates, Zumba) qui doivent être complétés par un diplôme reconnu.
Trajectoires d’emploi des éducateurs sportifs salariés en France : des profils variés pour des parcours diversifiés L’étude décrit cinq trajectoires professionnelles distinctes pour les éducateurs sportifs salariés en France entre 2009 et 2018, à partir d’un panel Insee fondé sur les données sociales nominatives et le Siasp. Les éducateurs sportifs sont majoritairement des hommes, plus jeunes que l’ensemble des salariés, souvent multi-employeurs et globalement moins bien rémunérés, avec un salaire annuel net médian inférieur à 18 000 euros pour un volume horaire fréquemment inférieur à un temps plein. Un premier groupe (17%) fait carrière durablement dans le métier, comme activité principale, avec des postes stables, souvent en fonction publique ou en CDI privé, et un salaire et un volume horaire plus élevés. Un deuxième groupe (30%) se reconvertit vers d’autres métiers, généralement vers des emplois plus stables et mieux rémunérés, la reconversion intervenant en moyenne vers 32 ans et s’accompagnant dans la majorité des cas d’une forte hausse de salaire et d’une sécurisation du contrat. Un troisième profil (11%) exerce durablement le métier, mais sans que ce soit toujours l’activité principale : la part du sport dans les heures et la rémunération augmente au fil du temps, avec un recours important au CDI. Un quatrième groupe (24%) ne connaît qu’un passage éphémère, souvent sur une à deux années et à titre secondaire, avant un recentrage sur un nombre plus limité de contrats dans d’autres métiers. Enfin, 18% sortent du champ salarié suivi, avec une baisse progressive des heures et des revenus, laissant supposer un basculement vers l’indépendance ou une cessation d’activité.
Les éducateurs sportifs en France : un métier attractif et précaire Les éducateurs sportifs, majoritairement des hommes jeunes, occupent un rôle essentiel dans l’encadrement des pratiques sportives, dans un secteur en forte croissance depuis 2018. Malgré l’augmentation des effectifs et le dynamisme lié aux grands événements (JOP 2024, Coupes du Monde), le métier reste marqué par des salaires modestes, le temps partiel, les CDD et la pluriactivité, en particulier dans le secteur associatif. Un tiers seulement des 119 000 salariés exercent ce métier comme activité principale, ce qui en fait souvent un emploi transitoire, avec de nombreux départs vers d’autres secteurs en début ou milieu de carrière. Les tensions de recrutement s’expliquent par la non‑durabilité des emplois, la faible attractivité salariale, un lien formation‑emploi imparfait et le développement du travail indépendant (coach sportif, auto‑entrepreneurs).
Étude Emploi-Formation dans la branche Sport Le rapport montre une forte dynamique de la branche du sport, avec un nombre de structures employeuses presque doublé entre 2013 et 2023, majoritairement des clubs associatifs de petite taille, mais avec une progression rapide des grands employeurs. L’emploi y reste très fragmenté, marqué par la pluriactivité, de nombreux postes à faibles volumes horaires et une population jeune, majoritairement masculine. Le financement repose surtout sur l’autofinancement, les subventions publiques restant minoritaires mais structurantes pour le secteur associatif. Les micro‑entrepreneurs et indépendants complètent largement l’offre d’intervenants sportifs, avec des revenus moyens modestes.
8 PRATIQUES SPORTIVES
15° Baromètre sport sport santé de la FFEPGV Le Baromètre Sport-Santé 2026 montre une France globalement active : 72% des Français déclarent pratiquer une activité sportive, avec un temps hebdomadaire presque doublé en dix ans, majoritairement en extérieur et en solo. L’activité physique reste la première résolution pour 2026, mais cette motivation recule par rapport au pic de 2020, tandis que le temps avec les proches progresse. Les principales motivations sont le bien-être, la santé et la gestion du stress, avec 9 Français sur 10 convaincus de l’impact positif du sport sur la santé mentale. Quand ils réduisent leur pratique, 86% des sportifs rapportent des impacts négatifs physiques, mentaux et sociaux immédiats. L’offre locale apparaît plutôt satisfaisante (environ trois quarts jugent les équipements proches et plus de deux tiers satisfaits), même si 68% évoquent au moins un frein, surtout lié au coût, aux horaires et au manque d’infrastructures ou d’activités adaptées. Le sport pèsera dans les municipales 2026 : il compte pour près de deux tiers des Français et influencera le vote d’environ un sur cinq.
Dopage et pratiques dopantes en milieu sportif L’expertise collective Inserm analyse le dopage et les pratiques dopantes en adoptant une approche pluridisciplinaire, centrée sur la santé, les déterminants et la prévention plutôt que sur la seule détection des produits. Elle couvre les sportifs de haut niveau, les sportifs en situation de handicap et les pratiquants amateurs ou récréatifs, en élargissant la notion de dopage aux « pratiques dopantes » visant l’amélioration de la performance ou de l’apparence, même hors violation stricte du Code mondial antidopage. Le rapport souligne les fortes limites méthodologiques des estimations de prévalence : données issues des contrôles antidopage (1–2% de tests positifs en moyenne), passeport biologique (jusqu’à 15–18% de dopage sanguin probable dans certains sports d’endurance) et enquêtes par questionnaires ou méthode de réponse aléatoire, qui donnent des chiffres très variables, de moins de 5% à plus de 30% selon les disciplines, les niveaux de pratique et les méthodes. L’usage de substances visant la performance touche aussi le sport récréatif, avec des consommations de stéroïdes anabolisants, d’antalgiques/analgésiques (notamment AINS en endurance), de substances psychoactives (cannabis, cocaïne, stimulants, nicotine) et de compléments alimentaires, dans des logiques mêlant recherche de performance, gestion de la douleur, récupération et quête d’un idéal esthétique. Chez les athlètes en situation de handicap, on observe des formes spécifiques comme le « boosting », ainsi qu’un recours plus fréquent aux analgésiques et AINS, avec des risques sanitaires importants. Face à la complexité du phénomène, l’Inserm recommande de structurer la recherche (y compris sur les femmes et le handisport), d’améliorer la connaissance des effets sur la santé, de renforcer les dispositifs de prévention et d’interroger les enjeux éthiques et politiques des politiques antidopage.
Pour une académie nationale Olympique : Feuille de route Forte, Utile et Rayonnante L’Académie Nationale Olympique Française (ANOF) veut faire des valeurs olympiques et paralympiques un levier majeur d’éducation, de cohésion sociale et d’inclusion, en plaçant la jeunesse au centre de sa mandature 2026‑2029. Elle se positionne comme espace de réflexion, de production de savoirs et de diffusion culturelle entre mouvement sportif, monde académique et institutions publiques, en France et dans la francophonie. Sa feuille de route vise à développer l’éducation et la culture olympiques (kits pédagogiques, jeunes ambassadeurs, formations), structurer une recherche nationale dédiée, préserver et valoriser le patrimoine sportif (grandes collectes, expositions), et renforcer la coopération internationale et la francophonie sportive (réseaux d’experts, jeunes leaders, projets européens). Pour réussir, l’ANOF entend se structurer, diversifier ses financements, s’ancrer dans les territoires via des référents, et déployer une communication dynamique pour devenir une institution forte, utile et rayonnante à l’horizon 2029.
Le rapport montre un secteur du fitness français en forte croissance en 2025, tiré par les abonnements, la flexibilité des offres et l’importance de la communauté pour fidéliser en 2026.En 2025, les réservations par studio augmentent de 29,3% et les revenus de 39%, avec une hausse marquée des abonnements (+36,4%) et des carnets de cours (+67,5%), tandis que les pass à durée limitée reculent. L’activité est très saisonnière, avec un pic à l’automne (octobre, septembre, novembre) et un creux en juin, ce qui encourage à utiliser l’été pour préparer la rentrée. Les pratiquants recherchent flexibilité (abonnements souples, séances à l’unité, carnets courts) et maintiennent leur budget sport malgré l’inflation, en économisant plutôt sur les sorties et les voyages. Les femmes réservent plus de cours, mais les hommes jeunes dépensent davantage par séance. La fidélisation repose sur la routine, le lien social (fonctionnalité « Amis », parrainage) et une relation personnalisée, tout en gérant le défi des annulations, de la recherche de professeurs et de la concurrence des agrégateurs.file
Grande consultation du sport Le rapport montre un sport amateur très vulnérable aux chocs climatiques et énergétiques, mais aussi porteur d’une forte volonté d’agir, malgré des moyens limités. En 2025, Les Shifters ont consulté plus de 12 000 acteurs du sport amateur pour évaluer leur vulnérabilité et leur capacité d’action face aux crises climatiques et énergétiques. 94% des responsables de clubs se sentent exposés aux canicules, pénuries de neige, inondations ou hausse du coût de l’énergie, et plus de 89% anticipent des adaptations ou arrêts de pratique. Pourtant, moins de la moitié perçoit clairement l’impact environnemental de leur sport et 98% n’ont pas réalisé de bilan carbone. Malgré cela, plus de 85% souhaitent réduire leur impact et ont déjà engagé des actions sur mobilité, alimentation, équipements et déchets.
Baromètre sport Les Français et la course à pied à l'occasion du Marathon de Paris
Adolescentes & sport : le grand décrochage Aujourd’hui en France, 49 % des adolescentes abandonnent le sport avant leurs 15 ans (UNESCO – 2024), c’est 6 fois plus que chez les garçons. Un phénomène massif mais inexpliqué, que nous voulons, chez MGEN, mettre en lumière. Parmi ces jeunes filles qui arrêtent, près d’une sur deux (45,2 %) abandonne le sport malgré elle.
9 PREVENTION SANTE
Evaluer la complexité de l’obésité pédiatrique grâce à des scores multidimensionnels pour faciliter la gradation des soins L’article décrit la création de deux outils multidimensionnels, Ivop (indice de vulnérabilité de l’obésité pédiatrique) et Escop (estimation de la complexité des situations d’obésité pédiatrique), destinés à mieux graduer les soins en fonction de la complexité des situations d’obésité chez l’enfant et l’adolescent. Dans une étude menée auprès de 53 enfants suivis au CSO pédiatrique du CHU de Bordeaux en 2022, Ivop montre une corrélation modérée avec le score Épices, mais apparaît plus global et spécifique pour repérer les multiples dimensions de vulnérabilité (socio-économique, scolaire, socio-éducative, psychologique, sanitaire, socio-familiale et culturelle). En combinant Ivop et le niveau d’excès de poids (IMC, références IOTF), Escop permet une estimation initiale du niveau de complexité, significativement corrélée à un avis d’experts, avec de bonnes performances discriminantes pour distinguer les situations les plus complexes (AUC jusqu’à 0,80). Malgré un effectif limité et une étude monocentrique, les auteurs concluent que ces outils sont sensibles, reproductibles et prometteurs pour standardiser l’estimation initiale de la complexité, harmoniser la gradation des soins et orienter plus justement les patients vers les niveaux de recours adaptés. Ils recommandent des validations à plus large échelle et un complément d’évaluation spécialisée (cliniques, psychologiques, comorbidités) afin d’affiner encore la typologie des formes complexes d’obésité pédiatrique.
Penser l'avenir du pays dans dix ans, dans une génération Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan lance un exercice de prospective nationale intitulé "France 2035, France 2050", dans la lignée des travaux historiques du Plan depuis Jean Monnet. Cette initiative réunit experts, personnalités économiques et sociales, représentants de l'administration et artistes pour tracer un cap pour la France aux horizons 2035 et 2050.
Double horizon temporel: Pour la première fois, cet exercice articule deux horizons : 10 ans (2035) pour la planification traditionnelle des politiques publiques, et 25 ans (2050) correspondant à une génération humaine, permettant d'imaginer les bouleversements et transformations possibles. L'objectif est de proposer des scénarios probables et souhaitables, ainsi que des propositions concrètes pour transformer la France et la rendre plus prospère, solidaire et forte. Dix thématiques essentielles Le projet aborde 10 grands thèmes : Démographie : vieillissement, natalité, migrations, structures familiales Modes et lieux de vie : habitat, consommation, loisirs, culture, place des écrans Vivre à +2,7°C : dérèglement climatique, adaptation, résilience Avenir du travail : automatisation, IA, temps de travail, émancipation Économie et système productif : désindustrialisation, compétitivité, souveraineté économique Administration et services publics : efficacité de l'État, formation, périmètre d'action Finances publiques : dette, déficits, soutenabilité budgétaire Démocratie : défiance citoyenne, ingérences étrangères, réseaux sociaux Sécurité et défense : menaces hybrides, réarmement militaire, souveraineté La France vue de l'étranger : rôle international, identitéfile
Crises sanitaires : prévenir, anticiper, coordonner L’avis du CESE souligne que la France fera face à de nouvelles crises sanitaires liées au dérèglement climatique, à la perte de biodiversité, à la mondialisation et à l’antibiorésistance, ce qui impose de renforcer la prévention et la coordination des acteurs. Le texte s’organise autour de deux grands axes. D’abord, il propose six priorités structurantes pour mieux préparer la société : concrétiser l’approche One Health/Une seule santé via une stratégie interministérielle santé‑environnement et des données interopérables, réduire les inégalités sociales amplifiées par les crises en associant les personnes concernées aux politiques publiques, soutenir fortement la recherche (au moins 3 % du PIB) et l’autonomie stratégique en santé, consolider le système de soins et d’accompagnement en améliorant l’attractivité des métiers et le pilotage des dépenses, diffuser une culture de la prévention (campagnes ciblées, éducation, formation des professionnels) et renforcer la confiance par l’enseignement de la démarche scientifique et de l’esprit critique. Ensuite, l’avis définit sept principes de gouvernance de crise : faire du respect des libertés la règle et de l’état d’urgence l’exception, clarifier et coordonner les expertises sanitaires, intégrer davantage sciences sociales, éthique et savoirs d’usage, garantir la continuité de la démocratie en santé, adapter la réponse aux réalités des territoires, assurer une information fiable, transparente et accessible, et systématiser les retours d’expérience pour éviter le « désapprentissage » institutionnel. Le CESE insiste sur la nécessité d’anticiper, de partager les décisions avec les acteurs locaux et la société civile et de ancrer durablement la prévention dans l’ensemble des politiques publiques.
Priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française selon une approche d’exposition agrégée Ce rapport Anses conclut que l’imprégnation de la population française au cadmium est élevée et préoccupante, l’alimentation étant la source principale d’exposition, complétée par le tabac chez les fumeurs. Résultats sanitaires clés : Les données Esteban montrent que 47,6% des adultes dépassent la valeur toxicologique de référence interne de 0,5 µg Cd/g créatinine, avec une imprégnation plus élevée qu’en 2006‑2007 et supérieure à celle observée dans plusieurs pays européens et nord‑américains. L’EAT3 retrouve encore des dépassements de dose journalière tolérable pour 23–27% des enfants et 1,4–1,7% des adultes, malgré des réglementations renforcées. Le cadmium, cancérogène, mutagène et reprotoxique, est aussi impliqué dans des atteintes osseuses, rénales, cardiovasculaires et neurodéveloppementales, avec un fardeau économique majeur, notamment via l’ostéoporose. Sources et leviers d’action: Les principales sources sont les engrais phosphatés et matières fertilisantes, certaines activités industrielles, des aliments contributeurs majeurs (pains, pommes de terre, légumes) et le tabac à fumer, la plante accumulant fortement le cadmium du sol. Une analyse socio‑économique recense et classe des options d’action (réglementations sur intrants et denrées, mesures sur les produits du tabac, gestion industrielle, prévention secondaire), puis propose de les prioriser en fonction de leur impact et de leur faisabilité. L’approche développée, transposable à d’autres contaminants, confirme la nécessité de réduire durablement les expositions, en particulier alimentaires et tabagiques, pour maîtriser le risque sanitaire lié au cadmium en France.
10 GOUVERNANCE DU SPORT
Note d'orientation 2026 déclinaison territoriale de la gouvernance du sport note n°2026-crds-1 18/02/2026 La note fixe les orientations 2026 pour la gouvernance territoriale du sport, avec le renouvellement des conférences régionales du sport (CRdS) et des conférences des financeurs, en insistant sur l’anticipation des désignations, la parité et l’engagement des membres. Elle rappelle que cinq ans après la mise en place de la gouvernance partagée, 20 CRdS, 18 conférences des financeurs, 18 PST et de nombreux CPOF structurent l’action locale, qui doit être poursuivie et optimisée. Le document propose une méthodologie commune d’évaluation des Projets Sportifs Territoriaux, rebaptisés « Projets Sportifs Stratégiques de Territoire » (PSST), afin de clarifier le pilotage stratégique et de préparer la période 2027‑2031, en lien avec l’héritage des JOP 2024 et 2030. Il précise les modalités d’organisation de cette évaluation (internalisée ou externalisée, budget dédié, instances de travail) et encourage la mise en place de chefs de file, de groupes de travail interrégionaux et de projets structurants cofinancés via les CPOF. Enfin, la note invite les conférences à intégrer une démarche de responsabilité sociétale (RSO), à transmettre à l’Agence l’ensemble des documents de gouvernance (PSST, CPOF, comptes rendus, listes de membres, besoins de financement) et à signaler les difficultés de mise en œuvre.
Note de service relative aux projets sportifs territoriaux (pst) pour l’année 2026 note n°2026-dft-03 10/04/2026 La note fixe pour 2026 le cadre national des Projets sportifs territoriaux (PST) de l’Agence nationale du Sport, dans une olympiade marquée par les Jeux de Los Angeles 2028 et l’objectif de 3 millions de pratiquants supplémentaires à l’horizon 2027. Elle prévoit 67 M€ de crédits, dont 49,86 M€ pour la professionnalisation (emplois Agence, emplois sportifs qualifiés parasport, emplois sociosportifs), 14,44 M€ pour les actions de politiques publiques (parasport, sport féminin, territoires carencés, sport-santé) et 2,70 M€ pour la Corse et l’outre‑mer. La note détaille les conditions d’aide à l’emploi, les priorités de ciblage des publics et territoires, l’articulation avec la gouvernance territoriale (conférences régionales et des financeurs) et les seuils minimaux de subvention. Elle renforce enfin les exigences de procédure, de contrôle, de déontologie et de valorisation des actions financées via « Le Compte Asso » et les outils de communication de l’Agence.
11 SANTE MENTALE
Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société Ce rapport du CESE alerte sur la dégradation persistante de la santé mentale des 5‑25 ans et en fait un enjeu majeur de société, appelant une réponse globale, préventive et coordonnée. Il décrit une hausse des troubles émotionnels, des risques dépressifs et des gestes suicidaires, aggravée mais non créée par la crise Covid, avec de fortes inégalités sociales et de genre. Le CESE défend une approche holistique agissant à la fois sur les déterminants (conditions de vie, école, environnement, numérique, discriminations) et sur le repérage, l’orientation et le soin (renforcement de la pédopsychiatrie, des psychologues, de la médecine scolaire et des services étudiants). Il insiste sur la participation des jeunes, le développement des compétences psychosociales, la régulation du numérique et la lutte contre la stigmatisation, afin d’apporter « la bonne réponse, au bon moment » et de faire de la santé mentale des jeunes une priorité transversale des politiques publiques.
Activité physique, un facteur de protection pour la santé mentale! Le document est une présentation du Dr Arnaud Philippot, kinésithérapeute, sur l'effet protecteur de l'activité physique (AP) contre la dépression et l'anxiété, lors d'un colloque du Ministère des Sports le 13 novembre 2025. Basée sur 49 études (267 000 personnes), l'AP réduit le risque de dépression de 20% et d'anxiété de 25%, chez tous les âges. Recommandations FITT : 1-2h/semaine à intensité modérée, aérobie ou musculation. Malgré l'inactivité massive (2/3 jeunes, 1/3 adultes), la motivation autodéterminée et la roue du changement comportemental favorisent l'adhésion. Bouger un peu vaut mieux que rien !
La revue sport et citoyenneté aborde dans son dernier numéro la santé mentale
12 TEXTES DE LOI-DECRETS-INSTRUCTIONS- PROJETS DE LOI
Proposition de loi visant à encourager les partenariats entre les collectivités territoriales et les personnes morales de droit privé en matière d’acquisition, de réalisation ou de rénovation d’équipements sportifs, Cette proposition de loi vise à renforcer le financement des équipements sportifs en permettant aux collectivités territoriales de subventionner des investisseurs privés en échange de créneaux d’utilisation garantis pour le public, les clubs et les scolaires. Constatant que les collectivités financent déjà le sport à hauteur de 12 milliards d’euros par an, bien davantage que l’État, le texte part du manque persistant d’équipements et de créneaux malgré le plan “5 000 équipements sportifs” post‑JO de Paris 2024. Il crée un nouvel article L.113‑3‑1 du code du sport autorisant l’octroi de subventions publiques aux personnes morales de droit privé pour l’acquisition, la réalisation ou la rénovation d’équipements sportifs utiles aux missions d’intérêt général, dans la limite de 50% du coût du projet. En contrepartie, le privé doit réserver des créneaux horaires proportionnels au niveau de subvention, sur une durée au moins égale à l’amortissement comptable de l’équipement, sans dépasser trente ans, dans le cadre d’une convention encadrant volume de créneaux, contrôle, sanctions et prolongation. Un mécanisme de compensation financière est prévu pour les collectivités via la dotation globale de fonctionnement, financé par une taxe additionnelle sur les alcools.
Document de politique transversale Annexe au projet de loi de finances pour 2026 Politique en faveur de la jeunesse Ce document présente la politique transversale de l’État en faveur des jeunes de 3 à 30 ans, structurée en cinq axes stratégiques autour de l’autonomie, de l’égalité des chances et des conditions de vie. Il dresse d’abord le contexte démographique et social (baisse relative du poids des 15‑29 ans, élévation du niveau de formation, précarité et pauvreté plus fortes chez les 18‑29 ans), et rappelle que l’enjeu est de soutenir l’accès des jeunes à l’emploi, au logement, à l’information sur leurs droits et à une reconnaissance citoyenne. La politique jeunesse est présentée comme une priorité interministérielle et territoriale, articulée avec les stratégies européennes (Stratégie européenne pour la jeunesse, Erasmus+, Corps européen de solidarité, Garantie pour la jeunesse). Le document insiste sur la participation des jeunes à l’élaboration des politiques (dialogue UE‑jeunesse, Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, dialogues structurés territoriaux). Il décrit ensuite les principaux dispositifs français d’information (réseau information jeunesse, relais IJ), d’engagement et de mentorat (plan « 1 jeune, 1 mentor », service civique, SNU, parcours d’engagement), ainsi que le rôle du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse. Enfin, il récapitule les cinq axes (citoyenneté, éducation‑formation, emploi‑insertion, égalité des chances, conditions de vie) et les objectifs associés, en détaillant les programmes budgétaires et crédits mobilisés sur la période 2024‑2026.
13 ECONOMIE DE SANTE
Avis du Comité d’alerte n°2026-1 sur le respect de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) Le Comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie publie son avis n°2026-1 du 20 avril 2026. Il constate une sous-exécution de l’ONDAM 2025 à 265,4 Md€ (-452 M€ vs prévision), grâce aux économies post-alerte (1,2 Md€ réalisés), malgré un dépassement des soins de ville (+0,5 Md€). Pour 2026, l’ONDAM est fixé à 274,4 Md€ (+3,1%), avec risques de dépassement concentrés sur les soins de ville (indemnités journalières, produits de santé). Les établissements de santé bénéficient de mécanismes (coefficient prudentiel), mais leur déficit persiste (2,6-2,8 Md€ en 2025). Vigilance accrue recommandée.
La complémentaire santé Acteurs, bénéficiaires, garanties Ce document dresse un panorama actualisé de la complémentaire santé en France, qui couvre 96% de la population et constitue le deuxième financeur des dépenses de santé derrière l’assurance maladie obligatoire. Il analyse les effets des réformes récentes, notamment la complémentaire santé solidaire et le 100% santé, qui réduisent les restes à charge mais laissent persister des inégalités pour les ménages âgés et modestes. L’ouvrage détaille le fonctionnement du marché (mutuelles, assureurs, institutions de prévoyance), la montée des contrats collectifs d’entreprise, les écarts de garanties entre contrats individuels et collectifs, ainsi que la forte régulation des garanties, des tarifs et des réseaux de soins. Il met en évidence un risque à couvrir croissant avec l’âge, un poids de la santé plus lourd pour les ménages modestes et retraités, et interroge la capacité de l’assurance complémentaire à réduire les inégalités de niveau de vie.
14 ECONOMIE DU SPORT
Analyse de l'exécution budgétaire 2025 Mission Sport, jeunesse et vie associative La mission « Sport, jeunesse et vie associative » voit en 2025 un net coup d’arrêt après la dynamique liée aux Jeux de Paris 2024 et au SNU, avec des crédits en baisse et fortement régulés. Les annulations en cours d’année et la loi de finances de fin de gestion réduisent fortement les marges, tout en maintenant un haut taux d’exécution des crédits disponibles. Le service civique est renforcé (objectif 135 000 volontaires, SCSP en forte hausse), tandis que le SNU est mis en extinction et que le Pass’Sport est recentré pour raisons budgétaires. Les dépenses fiscales (4,6 Md€, +7,3% en un an) pèsent désormais plus du triple des crédits budgétaires, ce qui conduit la Cour à demander une évaluation renforcée et à recommander la mise en caducité des droits du compte d’engagement citoyen et un ajustement des niches fiscales d’ici 2028.
Le marché européen du fitness en 2026 Le marché européen du fitness compte 75,5 millions de membres en 2025, pour 67 515 clubs et 39,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance d’environ 6 à 9%. Les grandes chaînes renforcent leur poids : les 20 premiers opérateurs regroupent 20,9 millions d’adhérents, portés notamment par l’acquisition de clever fit par Basic-Fit et une trentaine d’opérations M&A totalisant 936 clubs transférés. Le taux de pénétration atteint 9,3% (11% chez les 15+), tandis que 64% de la population déclare une pratique régulière de fitness, avec des comportements différenciés selon les générations et un usage encore limité des traitements type GLP‑1
Le COSMOS dévoile son guide inédit pour mesurer et améliorer l’impact économique local des structures sportives Le communiqué présente le guide du COSMOS pour mesurer et améliorer l’impact économique local des structures sportives, élaboré avec Pluricité, le CDES et le soutien du Crédit Mutuel. Ce guide opérationnel fournit une méthode simple pour quantifier l’injection économique, structurer les données, optimiser les retombées territoriales et renforcer le dialogue avec les collectivités et partenaires. Il met en évidence le rôle des clubs comme employeurs non délocalisables, soutiens des PME locales et leviers d’attractivité et de consommation (tourisme, restauration, services). Remis aux ministres des Sports et de la Ville, il s’inscrit dans un contexte électoral et vise à repositionner le sport comme investissement stratégique pour le développement territorial durable.
Les structures sportives largement fragilisées face aux incertitudes liées à leur financement Le baromètre COSMOS–AÉSIO 2025 met en évidence une fragilité financière croissante des structures sportives, liée à la baisse des subventions publiques et aux difficultés à mobiliser des financements privés. Seule la moitié juge sa situation financière bonne, tandis qu’une sur cinq est en situation fragile, avec une dégradation pour un tiers au cours des 12 derniers mois et peu de perspectives d’amélioration. Deux tiers ont subi une baisse de subventions, obligeant 50% d’entre elles à augmenter les cotisations, au risque de pénaliser les usagers. Dans le même temps, l’effet des JOP 2024 se traduit par une hausse des pratiquants, des recrutements et un besoin accru de formation, alors que 93% des structures agissent pour l’accès au sport pour tous.
15 JO 2030
Le document présente le Laboratoire d'innovations et de solutions de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver 2030. Cette initiative fédère les entreprises, pôles et clusters régionaux pour proposer des solutions concrètes répondant aux enjeux d'aménagement, de mobilité, de durabilité et d'innovation. Vision stratégique: Les JOP 2030 représentent pour les massifs alpins une opportunité de démontrer qu'il est possible de concilier exigence sportive, attractivité touristique, dynamisme économique et sobriété environnementale. La Région Auvergne-Rhône-Alpes s'appuie sur son histoire olympique (Chamonix 1924, Grenoble 1968, Albertville 1992) pour accélérer la transition écologique et construire un héritage durable. Écosystème régional: Le projet mobilise 14 pôles et clusters : AXELERA (chimie et environnement), CARA (transport et mobilité), Cluster Bio, Cluster Lumière, Cluster Montagne, Innov'Alliance (naturalité), Minalogic (numérique), Outdoor Sports Valley, Techtera (textile), Tenerrdis (énergie), Vegepolys Valley (végétal), Cluster Eco-Bâtiment, Digital League et Infra2050 (travaux publics). Solutions mobilité et accessibilité: Le document détaille des solutions innovantes pour la mobilité multimodale : micro-mobilité en libre-service (Dott), balisage LED solaire (Eco-City35), stations de recharge solaires pour vélos électriques (Teepee), tapis roulants démontables (Funbelt), gestion de flottes (Fleetiz), taxi partagé (TL Partage), passages piétons intelligents (LEXA). Pour le transport de personnes, les solutions incluent des véhicules électriques étroits à quatre roues (AEmotion), bornes de recharge en composite ciment verre, autocars à hydrogène rétrofités, et production locale de carburant d'aviation durable (Methalysaf). Ces innovations favorisent la décarbonation, l'accessibilité PMR, la réduction des nuisances et la création d'emplois locaux, tout en garantissant un héritage durable pour les territoires après les Jeux.
16 PERTE D'AUTONOMIE
Pour une éthique de l'accompagnement des personnes vieillissantes L’avis du Comité éthique de la FHF plaide pour une éthique du « mieux vieillir » fondée sur l’autonomie, la dignité et la solidarité intergénérationnelle, face à un vieillissement massif et durable de la population française. Le texte rappelle que le vieillissement, accéléré par l’arrivée des baby-boomers et la baisse de la natalité, constitue un enjeu systémique qui met sous tension retraites, santé, médico-social et pacte social. Il souligne l’insuffisance des réponses publiques malgré plusieurs lois et l’absence d’une véritable grande loi « grand âge et autonomie ». Les EHPAD sont décrits comme un modèle en crise, marqué par sous-financement, pénurie de personnel, financiarisation et défiance sociale, tandis que la préférence massive pour le domicile se heurte à l’isolement, l’épuisement des aidants et les inégalités territoriales. Sur le plan éthique, l’avis critique la confusion entre dépendance et perte d’autonomie, le poids d’outils comme la grille AGGIR et l’usage de termes stigmatisants, en appelant à « soigner les mots » et à mieux prendre en compte l’autonomie décisionnelle. Il propose de renforcer l’anticipation (directives anticipées élargies, choix de vie personnalisés, protection juridique graduée), d’accompagner les transitions domicile–institution, de soutenir les aidants et de lutter contre l’âgisme et la relégation, en particulier en réaffirmant la citoyenneté des personnes vieillissantes. L’objectif est de construire une société inclusive, intergénérationnelle, où le vieillissement est pensé comme une phase de vie à accompagner, non comme un problème à gérer.
17 ETABLISSEMENT RECEVANT DU PUBLIC
Cahier des charges relatif à l'accès libre des salles de sport Ce cahier des charges encadre l’« accès libre » aux salles de sport, c’est‑à‑dire leur ouverture sans présence permanente de personnel. Il concerne les petits établissements sportifs (5e catégorie) dont la zone d’accès libre est au rez‑de‑chaussée et limitée à 19 personnes. L’exploitant doit déclarer ce mode d’exploitation aux services compétents, qui peuvent réaliser des visites inopinées. Le texte impose un schéma d’organisation de la sécurité incendie, un contrôle d’accès, une vidéosurveillance et une téléassistance dans les vestiaires. Il renforce les exigences en matière d’alarme, d’extinction, d’évacuation, de signalisation et d’accessibilité. Les usagers doivent s’inscrire par créneau, être informés des risques et de l’usage des équipements, réaliser une auto‑évaluation de leur condition physique, tandis que l’accès libre est interdit aux mineurs.
18 TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
Prise de position du GCC-CSO sur les traitements médicamenteux de l'obésité (TMO) chez l'adulte et leur accompagnement en pratique Cette prise de position du GCC-CSO encadre l’usage des traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) chez l’adulte, principalement les analogues du GLP‑1 (liraglutide, sémaglutide) et l’agoniste double GIP/GLP‑1 tirzépatide, en complément d’une prise en charge hygiéno-diététique et psychocomportementale structurée d’au moins six mois. Les TMO sont positionnés en deuxième intention, dans le cadre d’une décision médicale partagée, avec un suivi régulier et un accompagnement par des professionnels formés à la nutrition et à l’obésité. Les indications retenues sont l’obésité (IMC ≥ 30) ou le surpoids (IMC ≥ 27) avec comorbidités (DT2, HTA, dyslipidémie, SAHOS, pathologie cardiovasculaire), avec des critères d’arrêt en cas d’inefficacité pondérale (perte < 5% à 3–6 mois, selon la molécule). Les pertes de poids moyennes attendues sont d’environ 8% avec liraglutide 3 mg/j, 15% avec sémaglutide 2,4 mg/sem et 15–21% avec tirzépatide 5–15 mg/sem, plus faibles chez les patients avec diabète de type 2. La réponse est hétérogène, la bonne réponse précoce (≥ 5% entre 12e et 20e semaine) étant prédictive de meilleurs résultats à long terme, tandis que l’arrêt du traitement entraîne habituellement une reprise d’environ deux tiers du poids perdu. Au‑delà de la perte pondérale, le document souligne des bénéfices sur plusieurs complications de l’obésité : prévention cardiovasculaire secondaire (sémaglutide 2,4 mg/sem sans DT2, tirzépatide chez les patients avec DT2), amélioration de l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée ou altérée, de la MASH, du SAHOS et de la gonarthrose douloureuse, ainsi que la réduction du risque de DT2. Les principaux effets indésirables sont digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, constipation), fréquents surtout en phase d’escalade, nécessitant des adaptations diététiques, une titration individualisée des doses et une vigilance vis‑à‑vis des risques biliaires et, plus rarement, pancréatiques. Le GCC‑CSO insiste enfin sur la nature chronique de l’obésité, la probable nécessité de traitements prolongés, et la personnalisation du choix du TMO en fonction du phénotype et des comorbidités de chaque patient.
19 BULLETINS DE VEILLE
20 I.A - DONNEES DE SANTE
Le rapport 2025 montre une adoption rapide mais nuancée de l’IA par les consommateurs, surtout dans le retail et la recherche en ligne. L’ouverture, la confiance et l’usage progressent, mais les craintes autour de l’humain, de l’emploi et des données restent fortes. Les enquêtes (5 000 consommateurs US, UK, Canada, Australie) indiquent qu’environ la moitié ont déjà utilisé des outils de GenAI (52% ChatGPT, 30% Google Gemini, 20% Copilot) et que 47% sont prêts à les utiliser pour rechercher des achats, avec une adoption et une confiance plus élevées chez les moins de 50 ans et chez les hommes. Les consommateurs sont de plus en plus positifs envers les marques utilisant l’IA, notamment pour un service client plus rapide, une meilleure personnalisation et plus d’innovation, même si la perte de la « touche humaine », l’impossibilité de parler à une personne réelle, le risque de désinformation et les atteintes à la vie privée demeurent les principaux freins. L’usage de l’IA dépasse le shopping : aide aux études, réponses à des questions complexes, rédaction, tâches de travail, recherche de produits et services, mais aussi recettes, voyage, fitness ou recommandations culturelles. La confiance dans les outils et dans les entreprises progresse (33% font confiance aux entreprises sur les données, 43% aux informations fournies par l’IA, 68% parmi les utilisateurs de GenAI), avec un soutien massif à des lois de régulation et d’étiquetage des contenus générés. Enfin, l’IA transforme la recherche en ligne : une part importante des moins de 40 ans utilise déjà l’IA pour une partie significative de leurs recherches, juge les réponses de GenAI plus fiables que les résultats organiques ou payants, et prévoit d’augmenter encore ces usages, ouvrant des enjeux majeurs de visibilité et d’optimisation de contenu pour les marques.
Intelligence artificielle : comment protéger la jeunesse contre la désinformation en santé ? Les 18-24 ans consultent de plus en plus l’IA pour des diagnostics en santé sans mesurer tous les risques de désinformation, qui ne sont pas inéluctables.
Près des trois quarts des pays européens recourent déjà aux diagnostics assistés par l’IA Près des trois quarts des États de l’Union européenne utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle (IA), notamment pour l’imagerie médicale, la détection des maladies et l’aide à la décision clinique, a indiqué lundi dans un nouveau rapport l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les recommandations de France Biotech pour libérer l ’accès aux données de santé Avril 2026
Baromètre du numérique Le Baromètre du numérique 2026, édité par le CRÉDOC en février 2026 à la demande de l’Arcep, Arcom, CGE et ANCT, analyse les pratiques numériques des Français de 12 ans et plus (enquête auprès de 4 145 personnes). Il met en lumière une adoption fulgurante de l’IA générative (48% d’utilisateurs, +28 points en 2 ans), surtout chez les jeunes et cadres, pour recherche d’info (73%), rédaction (58%) ou idées (57%) ; ChatGPT domine. Les réseaux sociaux touchent 46% quotidiennement, avec 64% exposés à contenus problématiques (fake news, haine, violence). Connectivité en hausse (fibre 80%, 5G 60%), mais inclusion numérique freinée par compétences.
Les Européens adoptent massivement l’IA conversationnelle, surtout dans leur vie privée, avec 42% d’utilisateurs actifs et une progression attendue de l’usage dans les 6 prochains mois.file L’étude Verdane (7 282 répondants en Europe du Nord, Allemagne et Royaume‑Uni) montre que 30% des utilisateurs actifs préfèrent déjà l’IA conversationnelle aux moteurs de recherche pour trouver de l’information, en raison des réponses directes, des résumés et des échanges en langage naturel. L’IA influence fortement les achats : 76% des utilisateurs l’utilisent pour rechercher des produits, 77% pour découvrir des marques, 88% pour comparer, 73% pour les prix et 78% pour décider de l’achat. Cette évolution menace le modèle fondé sur la pub sur les moteurs de recherche et pousse les entreprises à investir davantage dans la marque, l’expérience client, le contenu structuré et la visibilité dans les interfaces d’IA plutôt que dans le seul achat de trafic.
21 VEILLE SCIENTIFIQUE
Volume vs intensity of physical activity and risk of cardiovascular and non-cardiovascular chronic diseases Cet article de cohorte UK Biobank montre que, à volume total d’activité physique égal, une plus forte part d’activité vigoureuse est associée à un risque nettement plus faible de nombreuses maladies chroniques et de mortalité toutes causes. Les auteurs ont analysé 96 408 adultes avec accéléromètre au poignet et 375 730 avec activité auto‑rapportée (IPAQ), en suivant l’incidence de huit maladies (MACE, fibrillation atriale, diabète de type 2, maladies inflammatoires immuno‑médiées, MASLD, maladies respiratoires chroniques, insuffisance rénale chronique, démence) et de la mortalité. La proportion de temps passé en activité vigoureuse (%VPA) a été calculée en MET‑min/semaine et étudiée par modèles de Cox ajustés, en tenant compte notamment du volume total d’activité. Les relations entre %VPA et tous les événements sont globalement inverses et non linéaires, et restent présentes dans tous les tertiles de volume total d’activité. Par rapport à 0% de VPA, un %VPA >4% (mesuré par accéléromètre) est associé à une réduction d’environ 29 à 61% du risque de MACE, fibrillation atriale, diabète de type 2, maladies inflammatoires, MASLD, maladies respiratoires, insuffisance rénale, démence et mortalité toutes causes. Les courbes suggèrent un plateau autour de 4–5% de VPA pour MACE, fibrillation atriale, IMID, démence et mortalité, alors que pour T2D, MASLD, CRD et CKD, le risque continue de diminuer avec l’augmentation du %VPA. Les analyses conjointes et les fractions de cas potentiellement évitables indiquent que pour les IMID, CRD et la démence, l’intensité (VPA) compte bien davantage que le volume total, alors que pour le diabète de type 2, la MASLD et la CKD, volume et intensité contribuent de façon plus équilibrée. Les résultats sont robustes dans de nombreuses analyses de sensibilité et sous‑groupes, et plaident, en santé publique et en clinique, pour « prioriser » l’augmentation de la part d’activité vigoureuse, dès que possible, plutôt que d’augmenter uniquement le volume total d’activité.
Evaluating the Evolving Real-World Adverse Events of GLP-1RAs Using FDA Adverse Event Reporting System (FAERS) Cette étude pharmacovigilance analyse, via la base FAERS (2012‑2025), 137 451 déclarations d’effets indésirables liés à cinq agonistes des récepteurs du GLP‑1, utilisés pour diabète et obésité. Les événements sont surtout digestifs, nutritionnels/métaboliques et psychiatriques, plus fréquents qu’avec DPP4i et SGLT2i. En diabète, on observe notamment rétinopathies, troubles auditifs, pancréatopathies et cataractes, tandis qu’en obésité dominent malnutrition/protéino‑déficience, troubles alimentaires, dépression et comportements suicidaires. Les profils varient selon la molécule, les plus récentes semblant moins associées aux événements graves mais davantage aux troubles psychiatriques. Les auteurs insistent sur la surveillance clinique, les limites de FAERS et l’intérêt de leur portail en ligne pour explorer ces signaux.
Artificial intelligence-based pathological model for pan-cancer lymph node metastasis detection: a multicentre diagnostic study with retrospective and prospective validation Cette étude multicentrique développe et valide PanCAM, un modèle d’intelligence artificielle pathologique pour détecter les métastases ganglionnaires sur lames numérisées, tous cancers confondus (9 fréquents, 24 rares, 33 types au total).file Entraîné par apprentissage supervisé avec annotations au niveau pixel sur 69 502 images provenant de 9256 patients dans 17 hôpitaux, il atteint en validation rétrospective une sensibilité de 0,97–1,00 et une AUC de 0,99–1,00, avec des performances similaires sur le jeu international CAMELYON16.file En validation prospective multicentrique, la sensibilité varie de 0,93 à 1,00 avec une spécificité ≥0,89, y compris pour les cancers rares (sensibilité 0,98, spécificité 0,93), et la sensibilité reste élevée pour les micrométastases.file Par rapport aux anatomopathologistes, PanCAM est plus sensible (0,99 vs 0,96) mais moins spécifique, permettant d’identifier 141 patients supplémentaires avec métastases ganglionnaires manquées (majoritairement des micrométastases), au prix de faux positifs rapides à vérifier (≈13 s par image). Les auteurs concluent que PanCAM, généralisable et interprétable, peut s’intégrer au flux de travail anatomopathologique pour améliorer la détection des métastases ganglionnaires, affiner le stadage, guider les traitements adjuvants et potentiellement réduire les inégalités entre hôpitaux bien dotés et centres à ressources limitées.
Association of wearable device-measured vigorous intermittent lifestyle physical activity with mortality Cet article montre que de très courtes séquences d’activité vigoureuse intégrées au quotidien (VILPA) sont fortement associées à une baisse de mortalité chez des adultes d’âge moyen ne pratiquant pas d’exercice structuré. Environ 3 à 4 minutes de VILPA par jour, en épisodes d’1 à 2 minutes (par exemple marches très rapides, montées d’escaliers), sont liées à une réduction de 22 à 28% du risque de mortalité toutes causes, cardiovasculaire et par cancer, avec une relation dose–réponse quasi linéaire. Trois “bouffées” quotidiennes de VILPA sont associées à une baisse d’environ 38 à 40% du risque de mortalité globale et par cancer, et de 48 à 49% pour la mortalité cardiovasculaire, des effets comparables à ceux de l’activité vigoureuse chez des personnes qui font de l’exercice formel.
The affordability of diets that align with the UK’s dietary advice and the Eatwell Guide L’article montre que les régimes conformes au guide Eatwell sont plus coûteux que le régime moyen britannique, ce qui limite leur adoption, surtout chez les ménages pauvres. Les travaux de modélisation montrent qu’atteindre ces recommandations impliquerait de fortes hausses de consommation de féculents et de fruits et légumes, et des baisses marquées des aliments gras, sucrés et des viandes rouges. Les études économiques indiquent qu’une baisse de 10% du prix des aliments sains augmente leur consommation d’environ 12–16%, alors qu’une hausse de prix des aliments malsains réduit leurs achats. Les mises à jour de coûts (2016–2022) montrent que le panier Eatwell est désormais plus cher que le régime courant et absorbe jusqu’à 50% du revenu disponible des ménages les plus défavorisés. L’auteure recommande de suivre l’accessibilité économique des régimes sains et d’utiliser des politiques de prix (subventions, fiscalité) plutôt que d’intégrer directement le coût, très volatil et mal mesuré, dans les guides alimentaires.
22 SANTE AU TRAVAIL
Projet de Service 2025 / 2030 santé au travail Le Projet de Service (2025-2030) du service Prévention Santé Travail Vendée Littoral (PSTVL) définit nos missions, actions, et objectifs, afin de répondre aux besoins de prévention, de santé, d’information et de sensibilisation que nous devons à nos entreprises adhérentes - y compris pour la surveillance médicale des travailleurs temporaires. Le Projet de Service 2025-2030 du PSTVL s’inscrit dans le cadre du « renforcement » de la prévention et de la santé au travail, initié par la loi n°2021-1018 du 2 Août 2021. Avec cette réforme, le Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises (SPSTI) voit sa mission et son champ d’intervention s’élargir. Sa mission ne consiste plus seulement à « éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail » : elle intègre des objectifs de maintien en emploi et de Prévention de la Désinsertion Professionnelle (PDP). La prévention des risques professionnels et le suivi de la santé au travail constituent donc avec la PDP les missions principales du SPSTI. Son champ d’intervention est étendu aux salariés indépendants et aux employeurs non-salariés qui peuvent adhérer et bénéficier de l’offre de service « socle » et d’une offre dite spécifique
L’innovation en santé au travail partie 1 Par lettre du 21 mai 2025, la ministre chargée du Travail et de l’Emploi a confié à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) une mission relative aux innovations organisationnelles et techniques dans le champ de la santé au travail (SPST). La lettre vise particulièrement les services chargés de la prévention et de la santé au travail, que ces derniers relèvent d’un statut associatif (SPST interentreprises, ou SPSTI, au nombre de 176 en 2023), soient intégrés dans les entreprises de plus de 500 salariés qui en font le choix (SPST autonomes ou SPSTA, au nombre de 414 en 2023) ou du régime agricole (services de santé au travail agricoles, ou SSTA, intégrés dans les caisses locales de la Mutualité sociale agricole – MSA –, au nombre de 35 en 2023). Les investigations se sont déroulées entre fin mai et octobre 2025.
L’innovation en santé au travail • Rapport : partie 2
23 SOCIOLOGIE
Les Français et leur vision de la France à l’horizon 2035 et 2050 Les Français se projettent de façon contrastée sur l’avenir, mêlant inquiétudes fortes pour le pays et espoirs ciblés en matière de santé et de progrès scientifique. En 2035, seuls 20% pensent qu’ils seront plus heureux qu’aujourd’hui, avec un pessimisme croissant avec l’âge, mais leur vision de leur vie personnelle reste nuancée entre vieillissement, famille et trajectoire professionnelle. La santé apparaît comme un repère central : certains anticipent une « bonne santé » et l’absence de problèmes, tandis que d’autres projettent maladie ou décès, avec une polarisation marquée chez les plus de 50 ans. Les Français se montrent majoritairement optimistes sur l’évolution de la médecine et de la santé d’ici 2035, qu’ils associent aux innovations scientifiques, même si l’intelligence artificielle suscite des avis plus partagés. Ils restent cependant pessimistes sur l’accès aux soins, jugé susceptible de se dégrader à l’horizon 2035, au même titre que d’autres dimensions du système social. À l’horizon 2050, ils anticipent de profonds bouleversements des piliers sociaux et sanitaires : beaucoup pensent que la Sécurité sociale dans sa forme actuelle n’existera plus, que le système de retraite par répartition disparaîtra et que le diagnostic médical sera de plus en plus assuré par des intelligences artificielles, réduisant la nécessité de consulter directement un médecin. Malgré ces ruptures redoutées, leur vœu prioritaire pour la France en 2050 met en avant la qualité de vie et la santé, au même niveau que la paix, la sécurité et la préservation des valeurs de solidarité et de tolérance.










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