NEWSLETTER N°7 INFOS-SPORT -SANTE 15 AVRIL 2026
- 14 avr.
- 18 min de lecture

SOMMAIRE
1. VEILLES SCIENTIFIQUES
2. RECOMMANDATIONS- PRISES DE POSITION-RAPPORTS
3. DEMOGRAPHIE
4. NUTRITION
5. SANTE MENTALE
6. POLITIQUES DES TERRITOIRES
7. APPEL A COMMUNICATION
8. PREVENTION SANTE
9. LE SYSTEME DE SANTE
10. ECONOMIE DE SANTE
11. DIGITAL-E SANTE
12. DESINFORMATION EN SANTE
13. TEXTES DE LOI-DECRETS-INSTRUCTIONS
14. ETUDES PROSPECTIVES
15. FORMATION SPORT ET SANTE
16. ETAT DE SANTE DE LA POPULATION
17. PRATIQUES SPORTIVES
18. ONE HEALTH
19. EUROPE: POLITIQUE DE SANTE
1 VEILLES SCIENTIFIQUES –
« Volume versus intensité de l’activité physique et risque de maladies chroniques cardiovasculaires et non cardiovasculaires » L’étude de cohorte UK Biobank (≈96 000 avec accéléromètre, ≈376 000 par questionnaire) analyse comment le pourcentage d’activité vigoureuse (%VPA) par rapport au volume total d’activité physique est associé à huit maladies chroniques majeures et à la mortalité toutes causes confondues. Un %VPA plus élevé (>4% vs 0%) est associé à une réduction de 29 à 61% du risque de MACE, fibrillation atriale, diabète de type 2, maladies inflammatoires, MASLD, maladies respiratoires chroniques, insuffisance rénale chronique, démence et de la mortalité, indépendamment du volume total. Les analyses dose–réponse montrent des relations inverses non linéaires : au-delà d’environ 4–5% de VPA (mesurée par appareil), le bénéfice supplémentaire tend à plafonner pour plusieurs issues, tandis que pour les maladies métaboliques (diabète, MASLD, CKD) la relation reste plus linéaire. Les fractions de cas potentiellement évitables indiquent que l’intensité (avoir >0% de VPA) a, pour la plupart des maladies, un pouvoir préventif plus élevé que l’augmentation du seul volume total d’activité, surtout pour les maladies inflammatoires, respiratoires, cardiovasculaires et la démence. Les auteurs concluent que, tout en maintenant les volumes recommandés d’activité, il serait pertinent en pratique clinique et en santé publique de favoriser, quand cela est possible, des activités plus vigoureuses plutôt que d’augmenter seulement le volume global.
2 RECOMMANDATIONS- PRISES DE POSITION-RAPPORTS
Ces recommandations 2024 de la Société Française de Rhumatologie actualisent la prise en charge du rhumatisme articulaire inflammatoire (RA) à partir des recommandations EULAR 2023 et de revues systématiques de la littérature, en intégrant deux nouveaux thèmes : les sujets à risque de RA (PARRA) et la pneumopathie interstitielle associée à la RA (RA-ILD). Elles rappellent quatre grands principes : décision médicale partagée, prise en charge globale (médicamenteuse et non médicamenteuse), rôle central du rhumatologue en coordination avec le médecin généraliste, et nécessité de considérer les coûts et l’usage des biosimilaires dans les choix thérapeutiques. Le diagnostic repose sur au moins une arthrite clinique, une évaluation structurée du risque de progression (facteurs cliniques, auto-anticorps, échographie) et un bilan minimal standardisé. Le traitement vise la rémission ou a minima une faible activité selon des scores composites, avec stratégie « treat‑to‑target », début précoce de DMARDs (MTX en première intention, ± corticothérapie transitoire courte) et adaptation à 3 et 6 mois. En cas d’échec de csDMARD et de facteurs de mauvais pronostic, l’ajout d’une biothérapie ou d’un JAK inhibiteur est recommandé, ces derniers devant respecter les restrictions EMA/PRAC du fait d’un profil de risque cardio‑vasculaire et néoplasique spécifique.
Prise de position du GCC-CSO sur les traitements médicamenteux de l'obésité (TMO) chez l'adulte et leur accompagnement en pratique Ce texte présente la prise de position du GCC-CSO sur l’usage des traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) chez l’adulte, centrée sur le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide, en complément d’une prise en charge hygiéno-diététique et psychocomportementale structurée. Les auteurs rappellent que les TMO sont des traitements de deuxième intention, réservés aux obésités les plus sévères ou compliquées, après au moins 6 mois de prise en charge de première ligne insuffisante et dans le cadre d’une décision médicale partagée. Ils détaillent l’efficacité pondérale (pertes moyennes de 8% avec le liraglutide, 15% avec le sémaglutide et jusqu’à 21% avec le tirzépatide) et les bénéfices sur les complications (cardiovasculaire, MASH, SAHOS, gonarthrose, prévention du DT2), en insistant sur l’hétérogénéité des réponses et la nécessité d’un suivi rapproché. Le document insiste sur les risques et précautions (effets digestifs, lithiase biliaire, pancréatite) ainsi que sur l’importance d’une adaptation personnalisée des doses, d’une éducation nutritionnelle et d’une prévention des complications nutritionnelles. Enfin, il souligne que l’obésité étant une maladie chronique, les TMO doivent en général être envisagés au long cours, le plus souvent à la dose ayant permis d’atteindre le plateau pondéral, l’arrêt s’accompagnant habituellement d’une reprise de la majeure partie du poids perdu.
Guide du parcours de santé – Accident vasculaire cérébral de l’adulte Le guide décrit l’organisation complète du parcours de santé de l’adulte ayant un AVC ou un AIT, de l’apparition des symptômes jusqu’à la phase chronique et la réinsertion. Il insiste sur l’enjeu majeur de réduction des délais de prise en charge, la structuration territoriale des filières neurovasculaires (UNV de recours et de territoire, télé-AVC) et le rôle central du SAMU–Centre 15. La prévention secondaire repose sur le contrôle intensif des facteurs de risque neuro‑cardiovasculaire (HTA, diabète, dyslipidémie, tabac, obésité, apnées du sommeil) via une prise en charge pluridisciplinaire et l’éducation thérapeutique. Le guide détaille la rééducation/réadaptation, les modalités de retour à domicile ou en structure, le suivi au long cours et la réinsertion socio‑professionnelle, en intégrant le soutien aux aidants. Enfin, il propose des leviers pour améliorer la qualité et la sécurité des soins (indicateurs, coordination, outils numériques, campagnes d’information) afin de réduire la mortalité et le handicap liés à l’AVC.
2025 Mise à jour ciblée des lignes directrices 2019 de l’ESC/EAS pour la prise en charge des dyslipidémies. Cette mise à jour 2025 des recommandations ESC/EAS actualise la prise en charge des dyslipidémies à partir des essais randomisés publiés depuis les lignes directrices 2019. Elle introduit SCORE2 et SCORE2-OP pour l’estimation du risque cardiovasculaire à 10 ans, en redéfinissant les catégories de risque et leurs implications thérapeutiques, sans changer les objectifs de LDL-C. Le texte intègre de nouveaux traitements hypolipémiants (bempedoic acid, evinacumab, et potentiel d’inclisiran) et précise leur place chez les patients à haut risque ou intolérants aux statines. Les recommandations sont détaillées pour des situations spécifiques : ACS, hypertriglycéridémie, Lp(a) élevé, infection VIH, cancer sous chimiothérapie cardiotoxique et usage de compléments alimentaires. L’ensemble insiste sur une stratégie individualisée basée sur le risque global, l’intensité de la baisse du LDL-C et l’usage raisonné de l’imagerie/biomarqueurs comme modificateurs de risque.
Polyarthrite rhumatoïde :recommandations 2024 de la SFR Synthèse des recommandations
3 DEMOGRAPHIE
Projections d’effectifs d’élèves dans les premier et second degrés à horizon 2035 Le document prévoit une forte baisse des effectifs d’élèves d’ici 2035, surtout liée au recul durable des naissances depuis 2010, avec environ 1,7 million d’élèves en moins (-14,2%) dans le premier et le second degré, plus marquée dans le premier degré et très contrastée selon les académies et départements.
Vieillissement et santé Cette bibliographie thématique d’Irdes fait le point, sur 2015-2026, sur le vieillissement démographique et ses conséquences en France et en Europe (santé, protection sociale, organisation des soins, territoires). Elle synthétise les données de cadrage (Insee, Ined, Eurostat…) montrant l’augmentation rapide de la part des 65 ans et plus, les fortes disparités de genre et de territoire, et les projections d’accroissement de la perte d’autonomie d’ici 2050. Elle présente de nombreux travaux sur l’état de santé, la fragilité, la prévention (perte d’autonomie, vaccination, canicule, douleur chronique, cancers), ainsi que les prescriptions potentiellement inappropriées chez les seniors. Un ensemble d’études est consacré aux dépenses et dispositifs de protection sociale, aux politiques d’aide et de soins (domicile, Ehpad, parcours Paerpa, conférences des financeurs), et aux besoins futurs en personnels. Enfin, le document recense les travaux sur les aidants informels, des ressources documentaires (sites, revues, grandes enquêtes) et propose un panorama pour guider recherche et décision publique sur le vieillissement et la santé.
4 NUTRITION
Entre urgence de santé publique et encadrement médical éthique/ Nutrition obésité Ce rapport du CNOM affirme la nutrition comme discipline médicale de premier plan, au cœur de la prévention primaire et de la lutte contre l’obésité et les maladies chroniques. Il définit précisément la nutrition (préventive, clinique, thérapeutique) et insiste sur le rôle pivot du médecin dans l’évaluation, le diagnostic nutritionnel et l’intégration de la nutrition dans le parcours de soins. Le texte décrit le cadre national (HAS, Santé Publique France, PNNS, Nutri-Score, ANSES, HCSP, DGCCRF) et les outils de politique publique visant à améliorer les comportements alimentaires, réduire les inégalités sociales de santé et encadrer l’information nutritionnelle (Nutri-Score révisé 2025, campagnes « Manger-Bouger », etc.). Il alerte sur les pratiques déviantes (régimes amaigrissants, jeûnes non encadrés, micronutrition et dérives sectaires, influenceurs) et sur l’usage détourné des traitements de l’obésité, en rappelant la nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire sécurisée et fondée sur des preuves. Enfin, il qualifie l’obésité de maladie chronique et d’urgence de santé publique, détaille les parcours de soins (CSO, ETP, MTMV, chirurgie bariatrique, médicaments) chez l’adulte et l’enfant, et propose une série d’actions pour protéger le titre de nutritionniste, encadrer les prescriptions et lutter contre les dérives commerciales et les mésusages.
Programme National Nutrition Santé 2025-2030 Le PNNS 5 est le programme national français qui vise, d’ici 2030, à prévenir les maladies chroniques (obésité, diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires) en agissant sur l’alimentation, l’activité physique et la réduction de la sédentarité, avec une priorité forte à la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé, notamment en Outre-mer, via 3 axes et 20 mesures (réduction du sucre, encadrement du marketing, Nutri-Score, amélioration de la restauration collective, soutien à l’allaitement, lutte contre la dénutrition, promotion du sport-santé, actions ciblées enfants et publics vulnérables).
5 SANTE MENTALE
Santé mentale et bien-être des enfants et des jeunes : un enjeu de société Ce document du CESE alerte sur la dégradation persistante de la santé mentale des 5–25 ans en France et en fait un enjeu majeur de société. Il montre que les troubles apparaissent dès le primaire, se renforcent à l’adolescence et touchent fortement les étudiants et jeunes actifs, dans un contexte d’inégalités sociales, de précarité, de pressions scolaires, de discriminations et de usages numériques problématiques. L’avis défend une approche globale centrée sur la prévention, agissant sur les déterminants (conditions de vie, école, environnement, accès au sport, à la culture, aux soins) et sur le repérage précoce, l’orientation et le soin. Il formule 21 préconisations : participation des jeunes, stratégie nationale pluriannuelle, développement des compétences psychosociales, régulation du numérique, réforme des rythmes scolaires, renforcement massif des acteurs de santé mentale (pédopsychiatrie, psychologues, médecine scolaire, services étudiants…). Les jeunes eux‑mêmes, associés via un panel, insistent sur la prise en compte de leur parole, la lutte contre les jugements et discriminations et la transformation du système scolaire pour qu’il soutienne réellement leur bien‑être.
La santé mentale en Europe, un défi silencieux devenu priorité politique Constat et prise de conscience Longtemps négligée, la santé mentale est devenue une priorité politique majeure de l’Union européenne, sous l’effet de la hausse des troubles psychiques, aggravés par le Covid‑19. Stratégie globale de l’UE La Commission européenne a adopté en 2023 une approche globale de la santé mentale, transversale (emploi, éducation, numérique, environnement), dotée de 1,23 milliard d’euros et structurée autour d’une vingtaine d’initiatives (échanges de bonnes pratiques, formation, prise en compte des troubles neurologiques, etc.). Prévalence et conséquences Près de 46% des Européens déclarent un problème émotionnel ou psychosocial récent, la pandémie ayant provoqué une hausse de 25% des cas de dépression et d’anxiété, avec un coût estimé à 4% du PIB de l’UE et d’importants besoins non couverts, surtout chez les jeunes. Réponses nationales et inégalités Les politiques restent nationales et très inégales : dispositifs comme “Mon soutien psy” en France ou les “chèques psy” portugais améliorent l’accès, mais les délais, le coût, le manque de professionnels et les écarts régionaux (outre‑mer, nord/sud, est/ouest) fragilisent la prise en charge. Perspectives et bonnes pratiques L’UE soutient des programmes innovants (ImpleMENTAL, iFightDepression) et la diffusion d’interventions non médicamenteuses (pleine conscience, nature), en insistant sur la prévention, le soutien social, la qualité de vie au travail et la protection des enfants et adolescents, particulièrement exposés.
6 POLITIQUES DES TERRITOIRES
Les politiques climatiques dans les territoires mieux mobiliser le potentiel § des collectivités Les politiques climatiques territoriales ont fortement progressé depuis les années 2000, mais restent trop complexes, incomplètes et inégalement ambitieuses face à l’urgence climatique et aux inégalités entre territoires . Elles souffrent d’un manque d’alignement entre cadres nationaux (SNBC, France Nation Verte) et plans locaux (Sraddet, PCAET, COP régionales), d’objectifs hétérogènes, et de moyens financiers et d’ingénierie très en dessous des besoins, en particulier pour l’adaptation . Le rapport souligne enfin les difficultés de suivi et d’évaluation des résultats concrets, et appelle à des données plus harmonisées, des indicateurs mieux adaptés (atténuation et adaptation) et une meilleure prise en compte des inégalités et vulnérabilités territoriales pour garantir une transition juste .
Bilan de la loi d’orientation des mobilités Ce rapport dresse un bilan nuancé de la loi d’orientation des mobilités (LOM) : elle est jugée essentielle mais inachevée, notamment sur le financement et la mise en œuvre des outils de planification. La loi a permis de couvrir tout le territoire par des autorités organisatrices de mobilité et de diversifier les services (TAD, covoiturage, vélo, SERM), mais la gouvernance reste complexe et hétérogène selon les régions. Les investissements de l’État prévus (13,7 Md€ entre 2019 et 2023) ont été globalement respectés, alors même que les collectivités supportent désormais l’essentiel des dépenses de transport sans ressources nouvelles suffisantes. Face aux besoins massifs de régénération des réseaux et de développement des transports du quotidien, la Cour souligne l’impossibilité de tout financer par de seules recettes supplémentaires et appelle à prioriser l’entretien et les mobilités du quotidien plutôt que les grands projets. Enfin, le rapport insiste sur la progression des mobilités durables (vélo, véhicules électriques, bornes de recharge), rendue possible par des soutiens publics importants, dont la lisibilité et l’efficience doivent maintenant être optimisées dans un contexte budgétaire contraint.
7 APPEL A COMMUNICATION
La Société Française de Sport-Santé (SF2S) organise le samedi 19 septembre 2026, dans les locaux de l’INSEP à Paris, la septième édition des Rencontres Nationales du Sport-Santé (RN2S) sur le thème « L'activité physique, un levier pour la santé et le bien-être des jeunes ». Nous lançons un appel à communication destiné à tous les acteurs du Sport-Santé qui œuvrent dans la recherche, l’intervention, la valorisation et/ou la promotion de l’activité physique en France et qui désirent partager leurs expériences en contribuant aux communications orales de cette journée.
8 PREVENTION SANTE
Dépistage et prise en charge du diabète de type 1 préclinique, stade 1–2. Prise de position d'experts français§ Ce texte propose une prise de position d’experts français sur le dépistage et la prise en charge du diabète de type 1 (DT1) aux stades précliniques 1 et 2, définis par la présence d’auto‑anticorps et d’anomalies débutantes d’insulinosécrétion avant l’hyperglycémie clinique. Il rappelle que le dépistage anticipé, en particulier chez les apparentés de personnes avec DT1, permet de réduire les acidocétoses inaugurales, les hospitalisations et la perte rapide de la sécrétion résiduelle d’insuline, améliorant le contrôle glycémique et le pronostic à long terme. Les auteurs détaillent les critères de stadification (auto‑anticorps, HGPO, glycémie, HbA1c), les facteurs pronostiques (âge, nombre et type d’auto‑anticorps, IMC) et l’intérêt de préserver une insulinosécrétion endogène même faible sur les complications micro‑ et macrovasculaires. Ils discutent aussi les limites, enjeux éthiques et psychologiques d’un dépistage présymptomatique (incertitude, anxiété, droit de ne pas savoir, impact sur la dynamique familiale) et insistent sur la nécessité d’un accompagnement pluridisciplinaire. Enfin, ils plaident pour l’organisation en France d’un parcours national structuré de dépistage et de suivi du DT1 préclinique, adapté aux spécificités françaises et intégré aux soins courants, notamment pour les apparentés à haut risque.
9 LE SYSTEME DE SANTE
Repenser l’organisation du système de santé avec les usagers : Quels besoins et services attendus par les associations de patients et d’usagers ? Ce document du HCAAM propose de repenser l’organisation du système de santé à partir des besoins de la population et des services attendus par les associations de patients et d’usagers, plutôt que depuis l’offre de soins existante. Il s’appuie sur 21 auditions d’associations pour analyser les avancées et les freins de la démocratie en santé depuis la loi de 2002, en particulier la faible effectivité de la participation des usagers dans les décisions et les organisations. Il plaide pour une définition explicite d’un socle national de services à rendre à tous, co‑construit avec usagers et professionnels, garantissant qualité, sécurité, équité et accessibilité territoriale. Le texte met en avant les approches centrées sur la personne et le partenariat patient‑professionnels (empowerment, co‑construction, reconnaissance des savoirs expérientiels) comme leviers de transformation. Il formule enfin des pistes d’évolution sur la représentation et le statut des usagers, la formation, la recherche, le numérique et le financement associatif, afin de passer de principes largement affirmés à une participation réellement structurante dans le pilotage du système de santé.
Réorganiser le maillage de l’offre de soins hospitaliers L’accessibilité hospitalière reste globalement bonne, avec un maillage dense de près de 2 400 sites et des temps d’accès stables (la moitié des séjours à moins de 30 minutes du domicile). Mais l’offre de proximité est fragilisée par les difficultés de recrutement médical, la dégradation financière des hôpitaux publics (déficit de 2,4 Md€ en 2023) et l’augmentation des maladies chroniques. Les exigences de qualité et sécurité imposent de concentrer certaines activités sur des pôles spécialisés, tout en maintenant une offre de soins de premier recours via hôpitaux de proximité et filières coordonnées. Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) et les réformes d’autorisations et de financement n’ont que partiellement permis une vraie réorganisation territoriale, faute de stratégie nationale claire et d’indicateurs adaptés. La Cour recommande d’ici 2028 : une stratégie nationale fondée sur la gradation des soins, l’évaluation des parcours, le recentrage du FIR sur les restructurations, et la possibilité d’autorisations multisites pour les ARS.
10 ECONOMIE DE SANTE
Note sur l’état des lieux du financement de la sécurité sociale Le document souligne que, malgré le vote de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, aucune trajectoire crédible de redressement durable n’est encore dessinée. Les comptes restent durablement déficitaires, avec un déficit autour de 23 Md€ en 2025 et proche de 19–19,5 Md€ en 2026, surtout du fait de la dynamique des dépenses de santé plus rapide que celle des recettes. L’amélioration apparente du solde tient largement à des transferts de ressources de l’État vers la sécurité sociale et à des mesures ponctuelles, qui ne réduisent pas le déficit de l’ensemble des finances publiques. Le Haut Conseil du financement de la protection sociale alerte sur le caractère structurel du déséquilibre et sur le risque d’« impasse de financement » à moyen terme si aucune réforme de fond n’est engagée. Il recommande d’adosser toute nouvelle reprise de dette à une stratégie pluriannuelle documentée de retour à l’équilibre, combinant économies significatives (en particulier sur l’Ondam) et clarification durable des ressources affectées à la sécurité sociale.strategie-plan+4
La protection sociale en France et en Europe Document sur la protection sociale en France et en Europe en 2024, présentant les comptes et les principaux résultats statistiques. Il décrit les niveaux de dépenses, les financements et les prestations sociales. Il compare la situation française à celle d'autres pays européens. Il analyse les évolutions récentes du système de protection sociale. Il fournit des repères pour les politiques sociales et économiques.
11 DIGITAL-E SANTE
23rd EDITION Panorama France healthTech 2026 Le rapport montre un secteur français de la HealthTech dynamique et résilient (environ 2 800 entreprises, 80 000 emplois), mais confronté à un net durcissement financier, réglementaire et d’accès au marché. L’activité ralentit : chiffre d’affaires moyen en baisse (5,1 M€ en 2024 contre 6,6 M€ en 2023) et investissement R&D en recul (2,6 M€ contre 3,4 M€), même si la R&D reste le premier poste de dépense (64%). Les levées de fonds deviennent plus difficiles (seulement 20% des sociétés financées, 41% avec des problèmes de trésorerie), malgré un capital‐risque encore solide (1 Md€ levé, en hausse de 15%).file Les entreprises s’internationalisent et adoptent massivement l’IA générative (près des deux tiers, avec 44% ayant développé leurs propres outils), tout en ciblant dès l’origine les marchés mondiaux, surtout les États‑Unis. Les pouvoirs publics (France 2030, Bpifrance, IPCEI santé) renforcent les dispositifs de soutien, mais le rapport insiste sur la nécessité d’accélérer l’industrialisation, le passage au marché et la consolidation financière pour préserver la souveraineté industrielle en santé.
12 DESINFORMATION EN SANTE
L’intelligence artificielle est un outil ambivalent qui peut à la fois amplifier la désinformation en santé (deepfakes, contenus générés automatiquement) et aider à la détecter et la contenir. Les jeunes, très exposés aux réseaux sociaux et aux recommandations algorithmiques, sont particulièrement vulnérables à ces fausses informations, avec des impacts potentiels sur la vaccination, les comportements à risque et la santé mentale. Pour les protéger, plusieurs leviers sont mis en avant : éducation au discernement et à la littératie numérique dès l’école, formation des professionnels et des parents aux biais cognitifs et aux mécanismes de viralité, et développement de chatbots et d’outils d’IA capables d’identifier les contenus trompeurs en temps réel. Ces dispositifs doivent s’inscrire dans un cadre éthique et réglementaire robuste (CNIL, lois sur les services numériques) afin de limiter les biais, garantir la transparence des algorithmes et protéger les mineurs dans leur relation aux plateformes et aux agents conversationnels. Enfin, la protection durable de la jeunesse repose sur une collaboration étroite entre pouvoirs publics, acteurs de santé, chercheurs, plateformes numériques et industriels de l’IA, avec comme objectif un environnement informationnel plus sûr et plus équitable.cncdh+8
13 TEXTES DE LOI-DECRETS-INSTRUCTIONS
14 ETUDES PROSPECTIVES
Quels lieux de vie pour les seniors en perte d’autonomie en 2050 ? La perte d'autonomie. L’évolution démographique de la population appelle à repenser l’accompagnement des personnes âgées dépendantes ou partiellement dépendantes.
15 FORMATION SPORT ET SANTE
Concevoir un programme d’activités physiques et sportives pour un public atteint d’affections de longue durée ou risque de maladies chroniques Référentiel RS7214 « Concevoir un programme d’activités physiques et sportives pour un public atteint d’affections de longue durée ou à risque de maladies chroniques ».france competences . Cette certification vise à former des professionnels capables d’accueillir des personnes atteintes de maladies chroniques ou d’ALD, d’évaluer leur situation initiale et de programmer des activités physiques adaptées en s’appuyant sur les recommandations de la HAS.has-sant. Elle atteste notamment des compétences à structurer un réseau d’acteurs santé, à évaluer les capacités physiques et motivations, à concevoir un programme personnalisé et à animer des séances en sécurité pour favoriser une pratique durable.francecarrier. L’évaluation repose sur un projet professionnel (analyse de l’environnement et des publics, protocole d’évaluation, programmation d’au moins 10 séances, plan d’accompagnement) et une mise en situation professionnelle. La certification, enregistrée au Répertoire spécifique jusqu’au 18 juillet 2028, s’adresse à des titulaires d’une certification de niveau 4 a minima dans le champ du sport ou équivalent.
Étude Emploi-Formation dans la branche Sport Observatoire des Métiers du Sport Objet de l’étude L’Étude Emploi‑Formation 2025 actualise le diagnostic sur la branche du sport à partir de données 2022‑2024 et d’entretiens ciblés. Structures et budgets La branche compte près de 35 000 employeurs, majoritairement des petits clubs associatifs, aux budgets très contrastés dominés par l’autofinancement. Emploi Environ 184 000 salariés principaux occupent 286 000 postes, révélant une forte pluriactivité et un recours important aux emplois à temps partiel et statuts spécifiques. Profils des salariés Les salariés sont jeunes, majoritairement masculins, avec une ancienneté faible dans les structures de la branche. Indépendants La dynamique s’appuie aussi sur de nombreux micro‑entrepreneurs et indépendants, souvent en activité complémentaire, avec des revenus moyens modestes.
Étude Emploi-Formation Février 2026
16 ETAT DE SANTE DE LA POPULATION
Panorama de la santé 2025 Les indicateurs de l’OCDE Ce rapport de l’OCDE fournit un panorama comparatif de la santé et des systèmes de santé des pays membres, à partir d’un cadre d’évaluation rénové et de données harmonisées. Il structure l’analyse en dix chapitres couvrant état de santé, facteurs de risque, accès, qualité, dépenses, ressources humaines, pharmaceutique, santé numérique et soins de longue durée, avec un focus 2025 sur la santé selon le genre. Le document montre un rebond incomplet de l’espérance de vie, une mortalité évitable importante, une prévalence élevée des maladies chroniques et des troubles mentaux, ainsi qu’un poids macroéconomique croissant de la santé (environ 9.3% du PIB). Malgré des progrès en qualité des soins et une bonne satisfaction des patients, persistent inégalités d’accès, délais d’attente, problèmes de sécurité et fortes disparités socioéconomiques de santé. L’OCDE appelle à recentrer les dépenses sur la prévention et les soins primaires, à mieux maîtriser les facteurs de risque et à s’appuyer sur l’innovation organisationnelle et numérique pour garantir la durabilité et la résilience des systèmes de santé.
17 PRATIQUES SPORTIVES
Entre 14 et 18 ans, un jeune sur quatre abandonne la pratique régulière du sport Entre 14 et 18 ans, 26 % des jeunes qui pratiquaient régulièrement à 14 ans abandonnent cette pratique sportive au moins hebdomadaire, sans pour autant arrêter totalement le sport pour la majorité. Le décrochage est nettement plus fréquent chez les filles (34 % contre 18 % des garçons) et touche davantage les jeunes socialement défavorisés, les apprentis, les lycéens professionnels et ceux sortis du système éducatif que les lycéens généraux. L’engagement sportif de la famille (pratique partagée avec les parents, mère sportive, départs en vacances) protège du décrochage, de même qu’une pratique plus fréquente et encadrée (licence, club) à 14 ans. Le désamour du sport progresse fortement chez les décrocheurs : à 18 ans, 28 % déclarent n’avoir jamais aimé le sport, avec une hausse particulièrement marquée chez les filles, ce qui augmente fortement le risque d’abandon. Le manque de temps, la difficulté à trouver des partenaires, ainsi que l’éloignement des installations sportives et, dans une moindre mesure, le coût, sont des contraintes de plus en plus ressenties entre 14 et 18 ans et contribuent au décrochage de la pratique régulière.
18 ONE HEALTH
One health one science synthèse des recommandations issues du colloque scientifique du 6 avril 2026 Cette synthèse One Health propose un cadre intégré pour protéger la santé humaine, animale, végétale et environnementale grâce à une gouvernance multisectorielle, au partage de données interopérables et à l’apport des sciences humaines et sociales, appliqués à quatre priorités : maladies infectieuses émergentes, résistance aux antimicrobiens, pollution et systèmes alimentaires durables.
19 EUROPE: POLITIQUE DE SANTE
Santé publique : comment l'UE mène la lutte contre les épidémies etles addictions L’Union européenne n’a qu’une compétence d’appui en santé publique, mais elle a fortement renforcé son action depuis le Covid-19, notamment via le programme EU4Health 2021‑2027 (budget porté à 4,4 milliards d’euros) pour soutenir la prévention, la recherche et la résilience des systèmes de santé. Elle agit contre les épidémies (coordination en cas de crise, achats et production de vaccins, mécanisme de protection civile et réserve RescEU) et contre les maladies non transmissibles, en particulier le cancer (mise à jour du Code européen contre le cancer en 2026) et les MNT liées au tabac, à l’alcool, à l’alimentation et au manque d’activité physique. L’UE encadre la publicité, l’étiquetage et la fiscalité de l’alcool et du tabac, vise moins de 5% de fumeurs en 2040 et met en œuvre une nouvelle stratégie antidrogue intégrée à ProtectEU pour la prévention, le traitement et la lutte contre le crime organisé. Elle promeut une alimentation équilibrée et l’activité physique, avec une nette progression des politiques dans ce domaine et un nouveau plan pour un cœur en bonne santé ciblant les maladies cardiovasculaires. Enfin, elle développe les soins transfrontaliers (directive de 2011, réseau de points de contact, reconnaissance des prescriptions, Espace européen des données de santé) pour faciliter l’accès des citoyens aux meilleurs soins au sein de l’UE malgré des systèmes nationaux différents.
Bonne lecture








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